‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 420 sur 547 · AU CONCILE DE FLORENCE · texte numérisé non relu

AU CONCILE DE FLORENCE

mier argument ; ce ne fut pas le seul. Quand il eut mis en pleine lumière raiitiquité de son manuscrit, Jean servit aux Grecs une série de faux commis par leurs compatriotes. 11 leur prouva par des attestations irrécusables que, de tout temps, les Orientaux avaient interpolé sans scrupule les pièces les plus importantes. Ces précédents lui parurent constituer une présomption grave contre les Grecs. Jean les accusa de s'être débarrassés d'une phrase gênante en la supprimant des manuscrits de saint Basile ' . Marc essaya de répliquer que la falsification des documents n'était pas un monopole des Grecs et que le pape Zosime avait, lui aussi, mis sur le compte du concile de Nicée des canons apocryphes ^ ; mais Jean justifia le pape et prouva qu'il n'avait point fait œuvre de faussaire^. Il revint ensuite à la phrase contestée. Marc l'avait rejetée parce qu'elle lui semblait contredire le but de saint Basile qui était de jeter la suspicion sur cette manière de parler : « Le Paraclet est le troisième selon Tordre et la dignité ». Jean, sans s'arrêter à relever cette objection, souligna la particule « peut-être » qui était dans le manuscrit de son adversaire. 11 s'efforça de montrer qu'une pareille formule dubitative était indigne d'un docteur comme saint Basile qui, assurément, n'avait pas pu asseoir ses preuves sur des conjectures. 11 conclut que le manuscrit de Marc avait été interpolé et que la pensée exacte du docteur de Césarée devait être cherchée dans les manuscrits des Latins ''. En terminant, il apporta un extrait d'une homélie de saint Basile où, en dépit des protestations de Marc, il retrouva la doctrine du Filia que ''.

Restait à discuter les textes de saint Cyrille allégués par

2. Ibid., p. 229 : 11 s'agit des canons de Sardiqiie que Rome attribua pondant longtemps au concile de Nicée. Voir Tillemont, Matériaux pour servir à l'histoire ecclésiastique, 13. p. 776-783 et 1036.

3. Sess. 20, Hard. 10. 236. Les considérations que Jean fait valoir appelleraient des réserves dont l'exposé serait ici déplacé. Bornons-nous à constater que Rome était dans la bonne foi en confondant les canons de Sardique avec ceux de Nicée.

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