‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 421 sur 547 · Sess. 21, IIahd · texte numérisé non relu

Sess. 21, IIahd

5. Ibid. p. 253; Sess. 21, Hard. p. 263, 265. Voici le texte cité par Jean: o'joè yâçi Tiva Tiapà toù 7iveO[xaTOç ),a[xgàvo[X£v (oauep Tiapà jov uloO to

380 THÉOLOGIE patristique; le filioque

l'archevêque d'Éphèse. Mais Jean ne vit sans doute rien à répondre et il ne répondit rien à Tobjection de son adversaire. Toutefois, pour faire contrepoids à la liste de Marc, il apporta une liste de témoignages patristiques qui attribuaient au Fils une part dans la procession du Saint-Esprit : c'était, à quelques nuances près, celle que nous avons rencontrée plusieurs fois; elle était faite avec les extraits de saint Epiphane, de saint Cyrille et de saint Athanase ^ .

La discussion était close : vint le tour de l'éloquence. Dans un long discours-, Bessarion démontra qu'aucun désaccord réel n'avait pu se produire entre les docteurs grecs et les docteurs latins; que, par conséquent, au lieu d'opposer leurs textes les uns aux autres, on devait les concilier les uns avec les autres; et que, dans cette œuvre de conciliation, on devait avoir soin d'interpréter et d'éclairer les expressions obscures par les expressions nettes et précises. « Or, ajouta-t-il, les docteurs orientaux disent que le Saint-Esprit procède du Père, ou encore du Père par le Fils. Les Occidentaux disent qu'il procède du Père et du Fils. Et l'on retrouve cette expression chez quelques Orientaux^... On doit reconnaître que ces derniers n'ont pas enseigné aussi clairement que les Occidentaux la procession exFilio, Que faire? Évidemment nous devons attribuer aux Orientaux la doctrine que nous trouvons si nettement enseignée dans l'Eglise latine'^. » Cette observation une fois faite, le grand orateur, utilisant les travaux de Beccus et de Calecas, montra que la formule chère aux Pères grecs « du Père par le Fils » était en somme l'équivalent de la formule latine « du Père et du Fils ». Et cette observation lui permit, comme à Calecas, de justifier l'endroit du De fide orihodoxa où saint Jean Damascène refusait de dire que le Saint-Esprit vient du Fils ^. D'ailleurs il signala tous les textes de saint Cyrille et de saint Epiphane où le tour de phrase était exactement celui des Latins ^.

Page 1