Hebr
LA DIVINITÉ DU CIiniST. 19
du moins que, pour arriver à ce résultat, il se fait autoriser par l'Écriture à appliquer au Sauveur les litres de Fils de Dieu, de Créateur et de Dieu.
La preuve scripturaire de la divinité du Christ que nous venons de constater pour la première fois dans YEpître aux Hébreux fut continuée et développée par les Pères des trois premiers siècles à quatre reprises différentes.
La première occasion de fournir cette preuve fut offerte par la controverse juive. L'auteur de la Lettre de Barnabe voulant prouver que le Christ est le Seigneur du monde, déclara que Dieu s'était adressé à lui quand il avait dit dès l'origine des temps : « Faisons l'homme à notre image et ressemblance ^ » Dans le Dialogue, saint Justin, non content de mettre sous les yeux des Juifs les prophéties messianiques qui attestaient la mission divine du Christ^, demanda à l'Ancien Testament des renseignements plus précis sur la personne du Sauveur. Il cita le texte des Proi>erbes où la Sagesse prend la parole pour dire que le Seigneur l'a engendrée dès l'origine ^. Il cita le texte de la Genèse où Moïse nous montre le Seigneur envoyant une pluie de soufre « de la part du Seigneur '• »; celui où Dieu parlant au pluriel dit : « Faisons l'homme à notre image ^ » ; cet autre où Dieu dit également au pluriel : « Adam est devenu comme l'un de nous ^ ». Il cita divers autres textes du même genre '^, et il conclut que les Juifs, puisqu'ils vénéraient l'Ancien Testament comme la parole de Dieu, devaient croire à l'existence d'un Fils engendré par Dieu avant toutes les créatures^.