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Summa

392 THÉOLOGIE patristique; la marialogie.

à la virginité post partiun^ s'il en demanda la preuve à Ezéchiel, il apprit d'un auteur, inconnu mais identifié avec saint Augustin, que le prophète avait entendu désigner, sous le symbole d'une porte fermée à tous les hommes, la virginité perpétuelle de la mère de Dieu^ Et ce fut saint Jérôme qui lui dponna la clef des textes évangéliques : Antequam con~ s>enirent; Non cognoscebat eam donec peperit filiiim suiim primogenitum; Et mater ejus et fratres ejus... où le maintien de la virginité après la naissance du Sauveur semblait être refusé à Marie -.

Mais les témoignages patristiques n'étaient pas toujours aussi favorables. Ils contredisaient parfois, ou du moins semblaient contredire, les résultats auxquels on était parvenu dans le domaine de la marialogie. Origène et saint Basile n'avaientils pas attribué à Marie des doutes au moment de la mort de son divin Fils? Saint Jean Chrysostome ne l'avait-il pas accusée de vanité? Et saint Jean Damascène n'avait-il pas parlé d'une purification produite en elle par le Saint-Esprit à l'époque de l'incarnation? Saint Thomas aborda ces textes embarrassants et en fit l'exégèse. Il expliqua que, dans la pensée de saint Jean Damascène, la sainte Vierge n'était souillée d'aucun péché, quand elle fut choisie pour être la mère de Dieu ; que la concupiscence était alors liée en elle et par conséquent inoffensive ; et que l'action purifiante du Saint-Esprit avait simplement consisté à éteindre ce foyer d'impureté^. Le saint docteur plaida également l'orthodoxie d' Origène et de saint Basile. Selon lui, l'évêque de Césarée, n'avait, à aucun moment, prêté à Marie des sentiments de doute, il l'avait

1. Summa, 3. 28. 3. Après avoir cité le texte d'Ézéchiel, il ajoute : « Quod exponens Augustinus in quodam sermone dicit : Quid est porta in domo Domini clausa nisi quod Maria semper erit intacta. »

2. Summa, 3. 28. 3 ad 1, 3 et 5. Inutile d'exposer ici les solutions données par saint Jérôme. Voir p. 75 et 76. Dans la même question, art. 1 ad 1 saint Thomas explique par Bède et saint Augustin comment saint Luc a pu dire (2.33) en parlant de saint Joseph : pater ejus.

3. Summa, 3. 27. 3 ad 3 : « Secundum hoc potest dici quod purgavit eam totaliter a fomite. » Dans l'objection il explique déjà que saint Jean Damascène n'a pu attribuer à Marie la souillure du péché à l'époque de l'incarnation, puisqu'on sait par saint Augustin que la sainte Vierge ne commit aucun péché actuel.

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