In Sent., 3. dist. 3, qu. 4, ad 1 et
394 THÉOLOGIE patristique; la marialogie.
usant du correctif de saint Thomas, il déclara que les expressions du grand évêque de Constantinople étaient susceptibles d'une bonne interprétation^.
IL La controverse de Vùnmaculée conception.
11 nous reste maintenant à parler de la controverse de Timmaculée conception. Au douzième siècle, les adversaires de saint Bernard apportaient, en faveur de leur sentiment, diverges révélations particulières dont le récit est parvenu jusqu'à nous avec les œuvres de saint Anselme^. L'illustre abbé de Clairvaux rejeta avec dédain cet argument. « Comme si le premier venu, s'écria-t-il, ne pouvait fabriquer des révélations de ce genre ^ ! » Et, sans s'arrêter davantage sur ce point, il accusa ses adversaires de faire litière de la Tradition. « Notre science, leur dit- il, est-elle plus vaste que celle des Pères? Notre piété est-elle plus grande que leur piété '* ? »
Ce reproche contenait une leçon qui fut mise à profit. On avait négligé jusque-là d'interroger la Tradition. On résolut de combler cette lacune ^ et, sans renoncer à la preuve tirée des révélations, on chercha dans les Pères des attestations de l'immaculée conception. On ne tarda pas à en trouver une dans saint Augustin. L'auteur du De natura et gratia avait dit : « A
1. Saint Thomas, In Sent., 3, dist. 3, qu. 1, art. 2, sol. 1, examine l'endroit où Pierre Lombard dit que Marie fut purifiée au moment de l'incarnation, et il réduit cette purification à une simple extinction de la concupiscence. — Saint BoNAVENTURE, In Seul., 3 dist. 3, pars 1, art. 2, qu. 1, cite le texte du De nalura et gratia en lui donnant le même sens que saint Thomas et Alexandre. — Le même docteur [ibid., 3, dist. 4, art. 3, qu. 3) prouve la maternité divine par un texte de saint Jean Damascène. Durand {In Sent., 3, dist. 4, qu. 2) la prouve par saint Jean Damascène et saint Cyrille. Il établit l'exemption de tout péché actuel sur l'autorité de saint Bernard [ibid., dist. 3, qu. 4).
2. Voir : Sei^mo de conceptione Marîae à la suite des œuvres de saint Anselme, M. 159. 319. On y trouve le récit d'un miracle accompli par la sainte Vierge en faveur du moine Hilsinus, à charge pour lui de travailler à répandre la fête de la Conception. — Voir une autre relation du même miracle avec la note de Gerberon : ibid., p. 323; le récit de deux autres prodiges : ibid., p. 320 et 321.