‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 459 sur 547 · D?L\\%iji\Y.iL^ Die Sentenzen Rolands, p · texte numérisé non relu

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4. Ibid., p. 135. « Alibi quoquc dicit Augustinus : concupiscentia carnis, quae est fomes peccati, ante reg-enerationem est peccatum et dicitur originale; post regenerationem vero non est peccaturn sed pcna peccati. » l'n pou plus haut (p. 131^ il mentionne l'opinion d'après laquelle le péché originel est : « Fomes peccati seu carnis concupiscentia. » Il ajoute : « Quibus et nos Augustini froti auctoritate consentimus. Inquit enim Augustinus: Caetera peccata transcunt actu et rémanent reatu, originale vero transit reatu et remanet actu. » Hugues et surtout Pierre Lombard Hoc. cit.) confirment cette doctrine par beaucoup de références. Voici ce que dit Pierre Lombard {Sent. 30, 8) : « Quid ergo originale peccatum dicitur? roines peccati, scilicet concupiscentia. >• 11 cite ici un texte du De peccatorum meritis de saint Augustin. Puis il conclut : « Ilis verbis satis ostenditur fomitem peccati esse concupiscentiam. » Plus loin (d. 32, 2) H la qur'stion de savoir conuncnt le péché originel est remis dans le baptême, il ri'pond pai- un texte d'Augustin, qu'il résume ensuite ainsi : « Ecce his apert(ï ostendit ea ratione (concupiscentiam) dimitti in baptismo, non i^uia non maneat post baptismum, sed quia reatus in baptismo aboletur. »

414 THÉOLOGIE PATRISTIQUE; le PECHE ORIGIXEL.

quand on ne les omit pas complètement. Ce fait s'explique, sans doute en partie, par la prédominance que les théories acquirent alors sur les données positives. Mais, à cette première raison, il faut en ajouter une autre. Le plus grand nombre des références apportées par les docteurs du douzième siècle avaient un caractère systématique. En même temps qu'elles proclamaient l'existence de la tache héréditaire, elles en donnaient, on vient de le voir, une notion empruntée à saint Augustin. Or, au commencement du douzième siècle, saint Anselme avait élaboré, d'après les seules données delà raison théologique, une nouvelle expHcation du péché originel, et sa théorie, longtemps peu remarquée, avait acquis peu à peu droit de cité dans la scolastique, depuis Alexandre de Ilalès K On ne pouvait utiliser en sa faveur la plupart des attestations sur lesquelles Pierre Lombard et ses contemporains s'étaient appuyés. Voilà sans doute une des raisons pour lesquelles, à partir du treizième siècle, la théologie patristique du péché originel fut presque complètement sacrifiée. Quand on parcourt les dissertations écrites par les grands scolastiques sur le sujet qui nous occupe actuellement, on se trouve fréquemment en face d'une autorité, mais cette autorité est celle de saint Anselme : cV-st dire assez qu'elle n'a pas la consécration des années -. Tous les docteurs, depuis Alexandre de Halès jusqu'à Duns Scot, enseignent que le péché originel est constitué, au moins en partie, par « la privation de la justice originelle » ; ils appuient cette conception sur l'archevêque de Cantorbéry, et ils l'unissent à la théorie augustinienne en distinguant le matériel et le formel du péché ^.

Deux mots encore avant de quitter le péché originel. On a vu plus haut que Pierre Lombard, Hugues et Pioland s'étaient mis à l'école de saint Augustin, pour expliquer la disparition de la tache héréditaire dans les eaux du baptême. Mais

1. Voir ; Turmel, Huloire du dogme du péché originel, Revue d'histoire et de liuéralure religieuses, 1902, p. 514 etsuiv.

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