‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 460 sur 547 · Ibid., p. 523 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., p. 523 et suiv

3. Saint Tiiomas {Summa IheoL, P 2'''% 82. 3, secl conlraj apporte un texte de saint Augustin. Les explications dont il le fait suivre fondent ensemble Augustin et Anselme.

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on comprend que les textes de l'évêque d'IIippon(3 durent cesser d'être invoqués à mesure que se répandit lexplication anselmienne. Les solutions que saint Thomas, Durand et Duns Scot donnent à ce problème, n'ont donc aucune attache avec la Ihéoloî^ie positive. Sur un autre point, la Tradition fut abandonnée, l^our rendre compte de la propagation du péché originel, les docteurs du douzième siècle faisaient appel à la formule du De fide ad Petrum^ mis sous le nom de saint Augustin : PecL'utuni in pars>ulos non tiansniittit propagatio sed libido. Selon eux, la concupiscence qui préside à lacté conjuguai souillait l'organisme de l'enfant, lequel à son tour souillait, par voie de contact, son àme et imprimait en elle la tache héréditaire; en sorte que l'enfant naissait dans le péché, non parce qu'il descendait d'Adam, mais parce qu'il avait été conçu dans la concupiscence ^ Saint Thomas et, après lui, tous les docteurs modifièrent la formule de Fulgence : ils ne dirent pas que la concupiscence n'avait aucune part effective à la propagation du péché originel, mais ils expliquèrent que la descendance d'Adam était au fond, la vraie raison pour laquelle on naissait coupable-. Le docteur angélique ajouta que Dieu, en soumettant les passions d'Adam à sa raison, lui avait octroyé un don auquel notre premier père n'avait pas droit, une grâce ^ et il appuya son assertion sur un texte du De civitate où on lit en effet qu'Adam et Eve « avaient perdu la grâce divine quand ils s'aperçurent de leur nudité "^ ».

1. Hugues, Summa Sent., 3. 12, M. 176. 108, cite le texte de Fulgence et le commente. Du reste il dit {ibid., 3. 10, p. 105) : « Non ideotunc imputatur eis quia in eo tune fuerunt originaliter, quum et Cliristus secundum carnem in eo tune fuerit, sed quia per concupiscentiam quae venit de peccato illo inde descenderunt. » — Pierre Lombard {Sent. 2. 3. 18) cite, lui aussi, le texte de Fulgence qu'il fait précéder d'une note empruntée à peu près textuellement à l'endroit de Hugues qu'on vient de lire.

2. Sutnma theoL, 1" 2^°, 81. 4, surtout ad 2. Voir aussi : Durand, In Sent., 2. 31, qu. 1.; Duns Scot, In Sent. 2. 32, n. 17 et 18. Durand n apporte aucune autorité. Scot s'objecte le De fide ad Pelrum et le met d'accord avec la nouvelle théorie au moyen d'une interprétation bénigne.

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