DÉMONTRÉE CONTRE LES MODALISTES
nitate de Novatien donna à cette réfutation toute son ampleur. Pendant qu'Artémas enseignait Tadoptianisme à Rome, Paul de Samosate le propageait à Antioche, et, au siècle suivant. Photin se fît encore son avocat. La discussion à laquelle Tliéodote avait donné naissance se poursuivit donc longtemps après sa mort. Et nous savons qu'elle se déroula sur le terrain scripturaire. Saint Vincent de Lérins nous apprend, en effet, que Paul de Samosate se retranchait derrière la Bible ^ ; de même, au dire de saint Épiphane, Pliotin se faisait fort d'apporter une foule de textes scripturaires^. Mais il ne nous est rien parvenu des réponses que Ton fit à l'évêque d'Antioche^, et Epiphane ne nous a conservé qu'un court résumé de celles qui furent faites à Photin ' . Le De Trinitate de Novatien est le dernier monument de théologie positive qui ait été produit par la controverse adoptianiste.
A la même époque une quatrième démonstration de la divinité du Christ fut établie et accompagnée d'explications précises. Voici dans quelles circonstances. A côté de l'école qui prétendait faire du Sauveur un homme inspiré de Dieu, se dressait une autre école qui identifiaitle Fils avec le Père et présentait Jésus comme l'incarnation de la première personne divine. Le modalisme — tel est le nom que l'on donne communément aujourd'hui à la doctrine en question — existait déjà à l'état de tendance plus ou moins consciente dès les premières années du deuxième siècle. Mais ce fut seulement vers la fin du même sièclô qu'il se procura des formules et des appuis scripturaires. Aux environs de l'an 190, un Asiate, nommé Praxéas, arriva à Rome et y enseigna que le Père était la divinité de Jésus, et le Fils son humanité. Vingt ans plus tard, un autre Asiate, Noët, se rendit lui aussi dans la capitale du monde et y sema les mêmes idées. Epigone, Cléomène, Eschyne et Sabellius se firent les auxiliaires de Noët; de sorte que, pendant trente ou quarante ans, Rome fut en proie à une agitation modaliste. Les nouveaux