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LES EFFETS DU BAPTEME

ne (lût rester du « caractère ». Mais Duns Scot était franciscain et, comme tel, dévoué de tout cœur au Saint-Sièg^e. « On doit, dit-il, penser des sacrements ce qu'en pense TEg-lise romaine. Or le pape Innocent III a écrit sur le baptême une décrétale, dans laquelle il parle du caractère à deux reprises différentes. Et si, à la rigueur, on peut supposer que, dans un endroit, il entend désigner le baptême lui-même, il a certainement en vue, dans un autre endroit, un effet imprimé dans Fàme par le sacrement. Je conclus donc que l'autorité de l'Église, mais elle seule, nous oblige à croire au caractère ^ » Quant à Durand, il se borna à cette boutade : « Puisque tous les modernes nous parlent d'un caractère produit par certains sacrements, suivons le langage commun et disons qu'il y a un caractère-. « 11 garda le mot et supprima la chose •^.

La question des effets du baptême — autres que le caractère — fut en partie résolue par les considérations qui en établissaient la nécessité. On n'eut guère recours à de nouvelles recherches patristiques que pour répondre à certains problèmes accessoires. On prouva, par exemple, que le rite baptismal remet toutes les peines spirituelles dues aux péchés pardonnes, par ce passage de l'Ambrosiastre : « La grâce de Dieu remet tout gratuitement dans le baptême ^. » Quelques textes de saint Augustin servirent aussi à démontrer que les effets du baptême arrêtés par la « fiction » entrent dans l'âme, dès que la fiction disparaît**. Mais en somme on trouva peu à glaner ici. Pierre Lombard s'étant posé la question de savoir si le baptême confère la grâce aux petits enfants, ne sut que répondre ^.

1. In Sent., n. 14 : « ... Propter ergo solam auctoritatem Ecclesiae, quantum occurrit ad praesens, est ponendum characterem imprimi. »

2. I7i Sent., 4, d. 4, qu. 1, n. 4 : « Omncs moderni profitentur imprimi characterem in aliquibussacramentis. Et nos,loquentesut plures, dicamus cum eis characterem nonnihil esse. »

3. Ibid., n. 11. Voir dans les manuels ce qu'est le caractère selon Durand. — Au n. 14 il déclare qu'on ne peut rien tirer du texte de saint Jean Damascène.

4. Pierre Lombard, Sentent. 4. dist. 4. 6; saint Thomas, Summa, 3. 69. 2; Durand, In Sent., 4. dist. 4, qu. 3, 3.

5. Pierre Lombard, Sentent., 4. d. 4. 2, fin; saint Thomas, Summa, 3. G9.

6. Sentent., 4. d. i. 8. : « Solot etiam quaeri si parvulis in baptismo

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Et saint Thomas, qui apporta pour la résoudre un texte de saint Augustin, dut compléter ce texte à l'aide de la déduc-

tion

datur gratia... Videtur quod non receperint quia gratia illa charitas est... quidam putant gratiam operantem et cooperantem cunctis parvulis in baptismo dari in munere, non in usu. »

1. Summa, 3. 69. 6. — Au concile de Vienne la question des effets du baptême dans l'àme des enfants fut posée. On interrogea la Tradition; et voici à quel résultat on arriva (Denzinger, n. 411) : « Verum quia quantum ad effectum baptismi in parvulis reperiuntur doctores quidam f/ieo/o.giopiniones contrarias habuisse, quibusdam ex ipsis dicentibus per virtutem baptismi parvulis quidem cuipam remitti sed gratiam non conferri, aliis e contra asserentibus quod et culpa eisdem in baptismo remittitur et virtutes ac informans gratia infunduntur quoad habitum... Nos... opinionem secundam... tanquam probabiliorem et diciis sanctorum et doctorum modernorum theologiae magis consonam et concordem sacro approbante concilio duximus eligendam. »

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