LA CONFIRMATION
Dans sa réponse à Charlemagne, Leidrade mit en lumière la différence des effets produits par le baptême et la confirmation, au moyen d'un texte de saint Augustin où on lisait que les Infantes sont arrosés par l'immersion et que le chrême les soumet à la cuisson. Le saint archevêque de Lyon conclut de là que le baptême remettait les péchés et que la confirmation donnait la grâce du Saint-Esprit '. Quelques années plus tard, Walafrid Strabon, voulant prouver que les évêques avaient seuls le droit de faire le chrême et d'oindre les enfants au front, se référa à des décrets des papes Silvestre et Innocent, qu'il se contenta de résumer, non sans reconnaître que Silvestre avait permis aux prêtres de faire l'onction^. Nous retrouvons ces deux décrets sous la plume d'Énée. Photius, on le sait, reprochait à l'Eglise romaine d'interdire aux prêtres l'usage du chrême. L'évêque de Paris lui répondit que cette interdiction reposait sur un décret du pape Innocent , qu'elle était même antérieure à Silvestre, attendu que la loi portée par ce pape pour autoriser les prêtres à faire l'onction, n'aurait pas eu de sens, si les évêques n'avaient été jusque-là les seuls ministres du chrême, et que la décrétale d'Innocent avait renoué la chaîne de la Tradition brisée par Silvestre ^. A ces maigres
1. Liber de sacramento Oaptismi, 7 fin. M. 99. 865. Le texte est tiré du sermon 272, M. 38. .1217.
2. De rébus ecclesiasliciSy 26, M. 114. 958. Il a puisé son renseignement sur Silvestre dans le Liber ponlificalis. Quant au texte d'Innocent, voir plus haut, p. 181.