‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 475 sur 547 · THEOLOGIE PATRISTIQUE ; LA CONFIRMATION · texte numérisé non relu

THEOLOGIE PATRISTIQUE ; LA CONFIRMATION

données se réduisit la théologie patristiquc de la confirmation au neuvième siècle.

Au douzième siècle, le canoniste Gratien recueillit dans son Décret un certain nombre de pièces relatives à la confirmation. De ces documents puisés dans Yves, lequel les tenait de Burchard, plusieurs étaient originaires des fausses décrétales et portaient indûment les noms des papes Urbain, Melchiade ouEusèbe. D'autres, au contraire, appartenaient vraiment aux auteurs à qui ils étaient attribués , c'est-à-dire à Innocent, à saint Grégoire et à RabanMaur^ Ce fut presque exclusivement chez Gratien que se documentèrent les scolastiques, quand ils voulurent soumettre le sacrement de confirmation aux données de l'histoire. Pour être exact, on doit noter que l'école d'Albert le Grand signala dans l'Aréopagite un passage inconnu à Gratien, où le chrême était mentionné^. Comme l'auteur de la Hiérarchie ecclésiastique était censé avoir vécu avec les apôtres, Albert, saint Thomas et Durand virent dans son texte la preuve péremptoire de l'origine apostolique du chrême, c'est-à-dire de la confirmation en tant que sacrement. Mais, ce point excepté ^, ce fut dans le livre du docteur de Bologne que l'on s'approvisionna de références patristiques.

Hugues et Pierre Lombard prouvèrent par P^aban Maur que la confirmation donne le Saint-Esprit au nouveau baptisé '*. Les prétendus textes de Melchiade et d'Eusèbe leur servirent à établir que ce même rite est un sacrement — c'est sous ce terme qu'il y était désigné — et que l'administration de ce sa-

1. Decretum, 3. De consécrations 5, 1 à 5, M. 187. 1855; ibid., De consecratione, 4. 119, p. 1838; ibid., 1. dist. 95. 1, p. 447.

2. Albert., In Sent., 4. 7, art. 2 : « Nunquam ab apostolis facta est (confirmatio) sine verbis et materia determinata ; propter quod habemiis capitulum spéciale in Dionysio in Ecclesiastica hierarchia, qui cum apostolis fuit, de perficiendis in myro et in ipso offerendis, et loquitur de sanctificatione chrismatis. » — Saint Thomas, Summa, 3. 72, 2 ad 1 ; Durand, hi Sent., 4. 7, qu. 2, n. 11. Dans le Sed contra de l'article indiqué, saint Thomas cite un texte du pape saint Grégoire.

3. Noter cependant que Hugues, dans le De Sacramentis, 2, pars 7. 1, M. 176. 460, transcrit le renseignement fourni par le Liber pontificalis sur Silvestre.

A, Yi\]QWES, Summa Sent., Q. 1, M. 176. 138; Pierre Lombard, Sentent., 4. 7.2. Pierre utilise \d^ Summa Sentent., de Hugues et non le De sacramentis.

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