Ibid.y 93, p. 167. Il cite le sermon
11. Ibid., 85, p. 162. C'est la prière : « ... imploramus ut quod in imagine contingimus sacramenti, manifesta participatione sumamus ». Il
LETTRE Dl. PASCHASE HADBERT A FHUDEGARDE. 435
Jérôme était ainsi conçu : « On peut entendre en deux manières la chair du Christ et son sanp;*. Il y a, en effet, la chair spirituelle et divine dont le Sauveur a dit : Ma cliair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment un breuvage. 11 y a aussi la chair qui a été crucifiée et le sang qui a été versé sur le calvaire. » Le sermon de saint Augustin contenait ces paroles destinées à expliquer aux catéchumènes comment le pain est le corps du Christ, et comment ce qui est dans le calice est son sang : « Ces objets sont appelés des sacrements, parce qu'autre chose est ce qu'on voit en eux et autre chose ce qu'on comprend. Ce qu'on voit ressemble à un corps ; ce qu'on comprend produit un fruit spirituel. Si vous voulez comprendre ce qu'est le corps du Christ, écoutez l'apôtre qui vous dit que vous êtes le corps et les membres du Christ. C'est votre mystère qui est sur la table du Seigneur; c'est votre mystère que vous recevez. C'est à ce que vous êtes que vous répondez : Amen. On vous dit : Corpus Christi, et vous répondez : Amen. Soyez les membres du corps du Christ, pour que yoive Amen soit vrai. » Comme toujours, Ratramne fît l'exégèse de ces textes. Une fois de plus, il conclut que les Pères avaient évité de confondre l'eucharistie avec le corps naturel et le sang du Sauveur.
Le livre de Ratramne ne laissa pas de faire impression sur un certain nombre de moines. Paschase reçut bientôt une lettre de son disciple, Frudegarde, qui se déclarait ébranlé dans sa foi à la présence réelle par le texte du De doctrina christiana et par celui de la Lettre à Boni face. Le vénérable abbé de Corbie estima avec raison qu'une profession de foi bien nette de l'évêque d'Hippone à la présence réelle devait suffire à contre-balancer et à neutraliser les formules plus ou moins obscures échappées à la plume du saint docteur. 11 cita donc ce texte qui, en effet, ne laisse rien à désirer, et quil assura provenir d'un sermon intitulé : Ad NeopJujtos. « Recevez, dans le pain, ce qui a été attaché au bois, et, dans le calice, ce qui a coulé du côté du Christ. ^ » Appuyé sur ce
cite aussi (n. 88) la prière : « ...ut quae nunc specie gerimus rerum veritate capiamus. »