Epist. ad Frudcgardum, M. 120. 1352 et
^36 THÉOLOGIE patristique; l'eucharistie.
texte, il se crut autorisé à conclure que le De doctrina chrisûana ainsi que la Lettre à Boniface étaient susceptibles dune bonne interprétation, et que saint Augustin était, en somme, d'accord avec saint Ambroise^ Du reste, pour fortifier sa conclusion, il apporta un texte du pape saint Grégoire ^ ; un autre de saint Cyrille d'Alexandrie ^ ; un troisième qu'il attribua à Eusèbe d'Emèse^, et qui était, en réalité, deFauste de Riez ; un quatrième de saint Léon ^ ; enfin un cinquième de saint Hilaire ^. Le pape Grégoire parlait de « l'immolation des hosties de la chair et du sang du Sauveur ». Saint Cyrille enseignait que le chrétien est sanctifié lorsqu'il participe « au corps et au sang précieux du Rédempteur ». Quant à Fauste, il déclarait que « le prêtre invisible convertit par sa parole les créatures visibles en la substance de son corps et de son sang ». Saint Léon prescrivait aux chrétiens de ne pas révoquer en doute la réalité du corps du Christ. Et saint Hilaire expliquait que le Christ donne sa chair aux hommes en sacrement. Tous ces témoignages, sauf celui de saint Léon qui ne visait que le docétisme, avaient trait à l'eucharistie, et Paschase pouvait légitimement les invoquer. Son enquête patristique n'eût rien laissé à désirer, si le sermon Ad Neophytos avait été authentique. Malheureusement, sur ce point d'une importance capitale, l'érudition de l'abbé de Corbie était en défaut. Le sermon Ad Neophytos était l'œuvre d'un inconnu du huitième ou du neuvième siècle, qui avait utilisé les formules de la liturgie mozarabe.
Quand, à la fin du dixième siècle, Gerbert écrivit le De corpore et sanguine Domini, il eut soin d'y insérer les attestations que Paschase avait recueillies. On retrouve dans son livre les textes de saint Hilaire ^, de saint Léon^, de saint Cy-