Epist., 3. 3, iM
9. Voir ses objections sur cette lettre dans Lanfranc, De corpore... 14 et 15, M. 150. 423 et 425. — Guitmond, De corporis...2, M. 149. 1455 et 1162, rapporte deux autres oljjoctions tirées par Bérenger, l'une du De doctrina chrisliana, 3. IG, l'autre de l'homélie In ps. 98.
438 THÉOLOGIE patristique; l'eucharistie.
celles qu'avant lui Ratramne avait forgées. Tout au plus pourrait-on mettre à son actif le dédain avec lequel il repoussait les récits de miracles eucharistiques^ Mais Ratramne n'attachait sans doute pas plus d'importance à ces récits.
On ne sera pas étonné d'apprendre que les défenseurs du dogme de la présence réelle mirent à profit les recherches patristiques accomplies par Paschase et Gerbert. Lanfranc 2, Durand de Troarne ^, Guitmond '^ et Alger^ dressèrent des listes de textes destinées à prouver que les docteurs des premiers siècles croyaient à la présence du Sauveur dans l'eucharistie. Ces listes furent, en grande partie, composées à l'aide des témoignages que l'abbé de Corbie et l'archevêque de Reims avaient recueillis, y compris l'extrait du sermon Ad Neophytos et la citation due à Raban Maur. On serait injuste cependant si l'on croyait que les théologiens du onzième siècle furent complètement tributaires de l'érudition de leurs aînés. Durand versa au dossier des textes nouveaux de Bède, d'Amalaire, de Fulbert de Chartres et de saint Jean Chrysostome ^. Tous, depuis Lanfranc jusqu'à Alger, tirèrent de saint Ambroise, du De sacramentis et même de saint Augustin des témoignages que ni Paschase ni Gerbert n'avaient utilisés. Les textes puisés dans saint Ambroise et dans le De sacramentis reproduisaient la doctrine que nous avons déjà rencontrée. Quant aux attestations demandées à saint Augustin, plusieurs étaient apocryphes ou sans portée. Cepenpendant deux méritent d'être signalées. La première dérive de V Homélie sur le psaume xxxiii et elle est conçue en ces termes : « Il était porté dans ses mains. Qui comprendra
1. Voir GuiTMOND, loc. cit., M. 149. 1479. Parlant du miracle accompli par saint Basile (voir ici p. 432), il dit : « lUiid etiam miraculum quod in vitis Patrum legitur licet Berengarius oderit... »
I.De corpore... 9, 17 et suiv., M. 150. 420, 426, etc. Lanfranc cite d'abord le De sacramentis. Puis viennent saint Cyrille, saint Ambroise, etc.
3. De corpore... 18 et seq. M. 149. 1384. 11 cite saint Augustin, saint Ambroise, le De sacramentis, etc.
4. De corporis... 3, M. 149. 1470. 11 cite saint Augustin, pseudo-Augustin, saint Ambroise, etc.