‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 487 sur 547 · De corvore... 19, M. 149. 1404 et suiv · texte numérisé non relu

De corvore... 19, M. 149. 1404 et suiv

LA CONTROVERSE BÉRENGARIENNE. 439

jamais quuii homme puisse être porté dans ses mains? On peut se faire porter dans les mains des autres, mais on ne saurait se porter soi-même dans ses mains. On ne voit pas comment ce phénomène a été réalisé en David. Mais il s'est réalisé dans le Christ. Il était porté dans ses mains quand, mentionnant son corps, il disait : Ceci est mon corps... Les juifs s'approchèrent de lui pour le crucifier : pour nous, approchons-nous de lui, afin de recevoir son corps et son sang. » La seconde, tirée de V Homélie sur le psaume xcviii, tient le langage suivant : « Le Christ a emprunté sa chair à celle de Marie : il s'est promené dans sa chair, et il nous a donné sa chair à manger pour notre salut. » Ces deux textes seront désormais apportés par tous les théologiens qui auront à défendre la croyance catholique. C'est Durand de Troarne qui a attiré lattention sur le premier^; Tautre a été signalé par Lanfranc^, puis à sa suite par Guitmond^. En somme, les adversaires de Bérenger fournirent peu de documents nouveaux à la démonstration patristique de la présence réelle. Leur mérite est ailleurs. Paschase Radbert, se trouvant aux prises avec les textes du De doctrina christiana et de la Lettre à BonifacCy s'était borné à leur opposer un témoignage apocryphe, et n'avait fait aucune tentative pour les expliquer. Les théologiens du onzième siècle ne crurent pas devoir imiter son exemple, et, au lieu de se dérober devant la difiiculté, ils l'abordèrent résolument. Durand de Troarne nota que, dans le De doctrina christiana, saint Augustin avait présenté le texte : Nisi manducaveritis carnem Filii hominis... non pas comme ordonnant un crime, mais seulement comme semblant ordonner un crime. Et il expliqua que la seule action criminelle visée par le docteur d'Hippone était celle qui eût consisté à manger la chair du Christ comme on mange la viande ^. Toutefois, qu'avait donc voulu dire Augustin quand il avait ajouté à la fin de ce même texte : & La parole nisi mandu-

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