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Ibid

454 THÉOLOGIE patristique; la pénitence.

Abélard ^ et son disciple, l'auteur de VEpitome ^, bornèrent leur enquête patristique au texte de l'évêque de Milan qu'on vient de lire. Sans entrer dans les distinctions de Hugues, ils expliquèrent que saint Pierre n'avait pas confessé son péché, de peur de scandaliser l'Eglise naissante. Sous leur plume, le témoignage de saint Ambroise servit donc à prouver que, dans certains cas exceptionnels, le pécheur était dispensé de confes- t

ser publiquement ses fautes. k

Hugues n'avait recueilli dans les ouvrages des Pères que trois textes relatifs à la confession ; Gratien en recueillit une foule ^. Il cita notamment l'extrait du De jiaradiso de saint Ambroise que nous venons de rencontrer ^* et le passage sui- v vant d'un sermon de saint Augustin : « Faites la pénitence comme elle est faite dans l'Eglise, afin que l'Eglise prie pour vous; que personne ne dise : J'ai péché en secret, je fais pénitence devant Dieu Est-ce donc en vain que les clefs ont été

données à l'Eglise de Dieu? ^ » Il cita encore cette parole de saint Léon : « Le pénitent n'a besoin de se confesser qu'à Dieu et au prêtre qui prie pour les péchés du pénitent *^ » . Il utilisa beaucoup d'autres textes dont plusieurs, il est vrai, étaient sans portée, tandis que certains autres, par exemple les extraits du De vera et falsa poeiiitentia, étaient d'une date trop récente pour avoir quelque valeur ^. Et, quand il eut achevé sa liste, il termina par cette conclusion : « Il est absolument évident que, sans la confession faite de vive voix par le coupable, les péchés ne sont pas remis ^ «.

Mais cette conclusion n'était que provisoire. C'est que, en effet, l'auteur du Décret avait été amené, par son enquête patristique, à établir une seconde liste de témoignages qui semblaient faire dépendre le pardon du simple repentir et en dehors

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