L'ORDRE
Plusieurs théologiens du neuvième siècle, au cours de leurs recherches sur Tordre, mentionnèrent les textes de saint Jérôme que nous avons rencontrés sur notre chemin, et dans lesquels l'illustre docteur de Bethléem semblait affirmer Tidentité primitive de l'épiscopat et du presbytérat ^ Amalaire, notamment, les rapporta tout au long, en leur associant un passage de V Ambrosiastre qui contenait la même doctrine-. Théodulphe ^, le pseudo-Alcuin '', Enée de Paris ^, citèrent, eux aussi, quelques-uns de ces textes ou du moins les visèrent. Mais les grands scolastiques semblent les avoir ignorés.
Pierre Lombard enseigna, sans donner du reste aucune référence^, que l'épiscopat n'était pas un ordre, mais une simple promotion à des fonctions nouvelles^; que les sept ordres, c'est-
\. Voir plus haut, p. 156.
2. Amalaire, De ecclesiasiicis officiis, 2, 13, M. 105, 1089 et suiv. 11 se pose deux questions : a) Les prêtres étaient-ils distincts des évêques à l'époque des apôtres? — b) Comment les évêques étaient-ils conpcrés? A la première il répond en citant les textes de V Ambrosiastre, du commentaire de saint Jérôme sur l'épître à Tite, et de la lettre du même saint à Évangélus, textes où on lit : « Idem ergo est presbyter qui et episcopus ». 11 répond à la seconde par l'endroit de la Lettre à Evangélus où est rapportée la coutume primitive de l'église d'Alexandrie (voir plus haut, p. 250).