THEOLOGIE PATRISTIQUE ; LE MARIAGE
gne dépasse probablement la centaine. Ceux qu'il ajoute — le nombre en est très petit — sont tirés de saint Augustin. Le premier problème dont Pierre demande la solution aux Pères de rÉglise, est relatif à l'essence du lien matrimonial. Les époux sont-ils unis indissolublement l'un à l'autre avant l'acte conjugal? D'une part, saint Augustin ainsi que saint Léon ont semblé subordonner l'existence du mariage aux rapports conjuo"aux. Mais, d'autre part, plusieurs Pères et saint Augustin lui-même ont mis au premier plan le consentement, au point de dire que le mariage était réalisé par les fiançailles. Le Maître des Sentences met sous les yeux du lecteur les références des deux opinions ; puis il conclut que le mariage est constitué par le consentement, pourvu qu'il soit donné de pj-aesenti Qi non de fiituro. Cette dernière distinction lui permet de concilier les textes, en apparence opposés, des Pères sur la portée des fiançailles i. Cette difficulté résolue, il demande aux Pères la solution de trois ou quatre autres problèmes. Par exemple, il cite les textes de saint Augustin, dans lesquels la polygamie des patriarches est justifiée^; il établit, par l'autorité du même docteur, l'obligation où sont les époux séparés pour cause d'adultère de garder le célibat^; il apporte les déclarations de saint Augustin et de saint Jérôme qui légitiment les secondes noces''. Ici deux difficultés se présentent : d'une part, c'est le concile de Néo-Césarée qui semble condamner les secondes noces ; d'autre part, c'est l'Ambrosiastre qui autorise le mari outragé à procéder à un second mariage, après le renvoi de de l'épouse adultère. Pierre répond que le concile de Néo-Césarée n'a pas entendu condamner les secondes noces, mais seulement le mari qui tue son épouse pour en prendre une autre ^. Quant au texte de l'Ambrosiastre, il déclare que le
rer par exemple : De sacram., 3. pars IL 2 et 3, M. 176, 481 à Sentent., 4. 26. 1 et 2), mais il ne le cite jamais.