CHAPITRE XV
LE CULTE DES IMAGES
Ne pouvant réfuter une à une, tant leur nombre était grand, toutes les références patristiques que le pape Adrien et le septième concile avaient apportées dans la question des images, les Livres carolins firent un choix parmi elles et s'attaquèrent aux principales. Deux histoires notamment fixèrent leur attention : celle du portrait du Christ envoyé parle Sauveur lui-même au roi Abgare ' , et celle de la conversion produite par l'image du philosophe païen Polémon^. Ils firent observer que le récit du cadeau fait à Abgare était tiré de livres déclarés apocryphes par le pape Gélase. « Et d'ailleurs, ajoutèrent-ils, le récit en question ne dit pas que le roi Abgare demanda au Seigneur son portrait pour l'adorer, ni que le Seigneur l'ait envoyé comme un objet d'adoration!... Quant à Polémon, admettons que la vue de son portrait ait fait éviter le péché d'adultère. Quel lien aperçoit-on entre ce fait et le culte des images? Parce qu'un âne a empêché Balaam de maudire Israël, conclura-t-on que l'on doit adorer les bêtes de somme? Et parce qu'un ours vengea un prophète des insultes auxquelles il était en butte, devrat-on adorer les ours? »
Alcuin examina également divers textes de saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Jean Chrysostome, de saint Cyrille d'Alexandrie, qui avaient été invoqués par le septième concile, et il démontra qu'aucun d'eux ne touchait à la question en li-