Ibid,, 3.21, M
480 THÉOLOGIE patristique; le culte des images
tige ^ . On lui objectait aussi les images dont des témoins irrécusables attestaient la présence dans les églises de Chypre, et l'on déduisait de là que le docteur de Salamine, saint Épiphane, ne devait pas être considéré comme un ancêtre des iconoclastes. Alcuin répondit que, entre la destruction des images et « ladoration » rendue à ces mêmes images, il y avait un moyen terme, et que saint Épiphane, pour avoir évité l'un de ces extrêmes, n'avait pas dû nécessairement verser dans l'autre ^. Restait la célèbre phrase de saint Basile : « L'honneur qu'on rend à l'image va à celui que l'image représente. » L'auteur des Livres carolins entreprit de prouver que cette assertion était un non-sens. Avait-il oublié qu'elle avait pour auteur le grand docteur de Césarée ^ ?
Sa conclusion fut que « l'adoration » des images était une pratique opposée à l'esprit des apôtres. « Ceux qui, par amour pour les images, dit-il, croient devoir les adorer, se réclament de la Tradition apostolique. Mais qu'ils nomment donc leurs modèles! Est-ce Pierre, lui qui avertit doucement Corneille de ne pas l'adorer? Est-ce Jean, lui qui, voulant adorer un ange, reçut ordre de réserver ses adorations à Dieu? Est-ce Paul, lui qui repoussa avec effroi les hommages des Lycaoniens? Est-ce Barnabe, lui qui prit la fuito avec Paul ''? » Et, pour montrer que son attitude à lui, celle qui admettait les images dans les églises, mais sans leur rendre un culte, pour montrer, dis-je, que cette attitude était celle de la Tradition, il transcrivit la lettre écrite jadis par le pape saint Grégoire à l'évêque de Marseille, Sérénus. On y lisait ce qui suit : « On nous a rapporté que votre zèle inconsidéré vous avait induit à briser les images des saints, sous prétexte qu'elles ne devaient pas être adorées. Certes la défense que vous avez faite de les adorer n'a droit qu'à nos éloges. Mais en les brisant vous vous êtes rendu coupable... Les images sont dans les églises, non pas pour être