DÉFENDU PAU LE PAPE ADKIEN
adorées, mais uniquement pour instruire les esprits ignorants. On ne doit donc pas les briser... Réunissez donc les fidèles. Rappelez-leur le précepte de l'Ecriture qui défend d'adorer des objets créés. Expliquez-leur que, voyant les images adorées, alors qu'elles sont destinées à instruire ceux qui ne savent pas lire, vous les avez fait briser; vous ajouterez que, s'ils veulent avoir des images pour leur instruction (ce qui est la destination traditionnelle des images), vous ne vous y opposez pas^. »
On se rappelle que les Livres carolins furent, par ordre de Charlemagne, envoyés au pape Adrien, et que le vénérable pontife entreprit de les réfuter. 11 suivit pied à pied le contempteur du second concile de Nicée et ne laissa sans réplique aucune de ses objections. 11 répondit donc que l'histoire de l'envoi fait au roi Abgare avait sa place parmi les « documents véridiques », attendu que trois patriarches orientaux l'avaient attestée au pape Etienne, qui n'avait pas craint de l'apporter à son tour dans un concile romain 2. 11 défendit aussi l'argument emprunté à l'image du sage païen Polémon^. Ajoutons qu'il fut plus heureux quand il fit observer que saint Basile était le véritable auteur de l'axiome : L'honneur rendu à l'image va à celui que l'image représente •''. Il cita à différentes reprises la Lettre à Serenus dont Alcuin se réclamait également^. Il utilisa de mèmela. Lettre à Janç^ier^ écrite par le même pape, bien qu'elle ne touchât pas à la question ^. La fin de la Lettre ci Secundinus lui offrit en revanche une précieuse attestation. Là, le pape saint Grégoire se posait nettement en partisan du culte des images, comme le prouve cet extrait : « Nous savons que vous demandez l'image du Sauveur, non pas pour l'adorer comme Dieu, mais vous désirez voir sonimagepour exciter votre amour envers lui. Nous également, lorsque nous nous prosternons devant les images, nous ne les confondons pas