‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 543 sur 547 · In Sent. A. 44, p. 2, art. 2, qu.l · texte numérisé non relu

In Sent. A. 44, p. 2, art. 2, qu.l

3. Durand, 4. 41, qu. 9, n. 6, dit : « Quamvis ex dictis Scripturae non possit infallibiliter hoc convinci, tonendum est tamen ignem esse corporeum auctoritate Gregorii. » Il ajoute : « et ratiorie probabili »; et il présente une raison de convenance. — Albert qui ne nomme pas saint Grégoire l'a certainement en vue quant il dit (4. 44, 38) : « Forte quod Augustino non fuit plene revelatum aliis sanctis plene revelatum luit. »

Notons que Albert et surtout saint Bonaventure ne sont pas éloignés d'attribuer à saint Augustin la croyance à un feu spirituel (voir : loc. cit.). Us tiennent ce sentiment d'Alexandre qui {Summa theol. 4, qu. 15. membr. 3, art. 4, S 2, t. IV , p. 278, éd. 1575) dit : « Circa hanc quaestionem videtur Augustinus dubitare, utrum scilicet ignis purgatorius sit materialis an spiritualis, et de igné infernali similiter in quo ille dives ardebat. » Il ajoute : « Sed alii doctores nobis hanc dubitationem auferunt ut Gregorius. » Puis, il déclare que saint Augustin possédait certainement la vérité. Cette dernière assertion s'accorde mal avec ce qui précède. — Saint Thomas {Suppl. 97. 5, tiré de : In Sent. 4. 44, qu. 3, art. 2) estime que saint Augustin a cru au feu matériel et il se réfère à De Civit. 21. 10, texte déjà cité par Pierre Lombard, 4. 44,6; mais son principal garant est saint Grégoire.

l'eschatologie des docteurs scolastiques. 489

prononcer. « Mais, ajouta-t-il, d'autres docteurs, comme Grégoire et Isidore, ont mis ce point hors de toute contestalion * . »

On fit encore à l'auteur des Dialogues trois ou quatre autres emprunts dans le domaine de l'eschatologie. Ce grand pape avait enseigné que Tenfer était probablement sous terre ^ ; que les âmes des morts revenaient souvent soit du purgatoire, soit même de la porte de l'enfer pour instruire les vivants des choses de l'autre monde ^. Il avait aussi expliqué l'éternité des peines de l'enfer par cette raison que les damnés, quand ils étaient sur la terre, étaient disposés à pécher toujours^. Son sentiment sur la situation de l'enfer fut universellement accepté sans que, toutefois, on l'ait jamais érigé en dogme ^. Appuyé sur ses récits d'apparitions, saint Thomas enseigna que les damnés sortaient parfois momentanément de l'enfer pour servir de leçon aux vivants ^. Enfin son explication de l'éternité des peines fut communément admise, concurremment avec plusieurs autres, notamment avec celle de saint Augustin qui motivait l'éternité des supplices des damnés par l'éternité du bien qu'ils avaient méprisé '^. Sur un seul point, la doctrine de saint Grégoire fut soumise à un travail de rectification. On lisait dans les Dialogues que l'âme est brûlée par le fait qu'elle

1. In Sent. 4. 21, p. l, art. 2, qu. 2. Bonaventure copie visiblement Alexandre. On a vu plus haut que Bonaventure prouve le feu matériel du purgatoire par le texte d'Augustin : In ps. 37. 3; mais il a pris ce texte dans la Glose et n'en connaît pas la provenance.

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