Adv. Incorrupticol. et Nestorianos, 3. 32, M
triarche Euloge entreprit de les réfuter, et écrivit contre eux une dissertation où il prouva que le Sauveur n'avait ignoré le jour du jugement, ni comme Dieu, ni même comme homme \ Le pape saint Grégoire lui écrivit une lettre de vives félicitations où on lisait : « Pour ce qui est du texte de saint Marc : Quia clieni et horam... Votre Sainteté a parfaitement compris qu'on doit Tentendre, non du Fils lui-même, mais de son corps mystique composé par nous. C'est ainsi que l'entend saint Augustin dans divers endroits... Le Fils déclare ignorer ce qu'il laisse ignorer, non qu'il ne le sache pas lui-même, mais parce qu'il ne veut pas le faire savoir... D'ailleurs, à parler rigoureusement, le Fils incarné et devenu homme parfait, a connu le jour et Iheure dans sa nature humaine, mais cette nature n'avait pas en elle-même le principe de cette connaissance ^. » Ainsi parla saint Grégoire. Plus tard, le patriarche Sophronius ^ et saint Jean Damascène ■* rangèrent la doctrine agnoète parmi les hérésies. Le problème soulevé par le texte : Dédie... avait reçu de saint Augustin une solution définitive.
On devrait en dire autant du problème soulevé par le texte : Puer autem crescebat^ n'était le passage suivant de saint Fulgence : « Si le Christ n'a pas eu une âme humaine, à quel titre est-il donc dit avoir ignoré le bien et le mal pendant son enfance? Attribuerons-nous l'ignorance du bien et du mal à la nature divine du Fils de Dieu? C'est pourtant à ce résultat que nous arriverons si nous refusons au Christ une âme humaine... C'est donc l'âme humaine qui, dans le Sauveur enfant, est dite avoir ignoré le bien et le mal, elle dont le récit évangélique nous dit que, dans Jésus enfant, elle croissait en sagesse et en grâce ^ ». Ce langage est exactement celui que tenait, un siècle et demi auparavant, saint Ambroise. Fulgence ajournait sans doute à l'époque qu'on appelle l'âge de discrétion le plein dé-