De fide orthod., 3.21, M
5. Ad Thrasimundum, 1.8, iM. 05. 231. Dans :Ep. 14. 26 et 31, p. 416 et 420, Fulgence attribue à l'âme humaine du Christ la connaissance parfaite de la divinité.
50 THEOLOGIE SCRIPTURAIRE ; L INCARNATION
veloppement intellectuel de l'âme humaine du Sauveur. Ajoutons qu'il n'a point fait école. Au commencement du huitième siècle, Bède déclara hautement que le Sauveur, considéré comme homme, fut rempli de la sagesse du Saint-Esprit dès le premier instant de sa conception, et que le progrès dont parle l'Evangile fut un simple progrès de manifestation ^ . Quelques années plus tard, saint Jean Damascène ne reconnaissait qu'aux nestoriens le droit de croire à un progrès réel de l'âme du Christ-. Le dernier vestige de la doctrine arienne avait disparu, tant dans l'Église grecque que dans l'Eglise latine.
§ II. — l'incarnation du fils de dieu.
Le Verbe, Fils de Dieu, s'est-il vraiment incarné? A-t-il pris notre nature humaine tout entière? Comment s'est-il uni à elle? La nature humaine du Sauveur a-t-elle eu une énergie et une volonté distinctes de l'énergie et de la volonté divines ? A-t-elle exercé cette énergie et cette volonté? Le premier de ces problèmes fut provoqué par la controverse gnostique. Le second reçut sa solution dans la controverse apollinariste. On sait que les débats bruyants qui, du cinquième au huitième siècle, agitèrent l'Église, se rattachaient au mode et aux propriétés de l'incarnation.
L La controçej^se gnostique ou docète.
La première épître de saint Jean^ et saint Ignace "^ conjurent les fidèles de se mettre en garde contre le docétisme qui relègue le corps du Sauveur au rang des fantômes. Les spéculations gnostiques étaient donc dans l'air dès la fin du premier siècle. Toutefois elles n'avaient encore ni organisation ni appareil de démonstration. Aussi, sans s'arrêter à discuter avec elles, on se bornait à les flétrir. Tout au plus, pour en détourner les fidèles, leur montrait-on les conséquences désastreuses auxquelles elles