PROUVÉE CONTRE LES APOLLINARISTES
sert du mot « chair » pour désigner les hommes, et il conclut que le texte de saint Jean n'autorisait aucunement à refuser au Christ une àme raisonnable K La démonstration d'Athanase était péremptoire; aussi la retrouvons-nous dans saint Épiphane -, dans saint Ambroise ^, dans saint Grégoire de Nazianze ^ et dans saint Augustin ^. « On nous objecte, dit saint Ambroise, qu'il est écrit : Le Verbe s'est fait chair. Que ce soit écrit, je n'en disconviens pas... mais cela veut dire que le Verbe s'est fait homme. Il est aussi écrit dans Joël : Je répandrai mon Esprit sur toute chair. Pourtant ce n'est pas sur les animaux sans raison, mais bien sur les hommes, qu'a été faite l'effusion de l'Esprit. Direz-vous que le texte scripturaire enseigne la transformation du Verbe en chair humaine? N'avez-vous donc pas lu que le Seigneur a été fait péché? Est-ce donc que le Seigneur a été transformé en péché? Non, certes, mais saint Paul a voulu dire par là que le Sauveur a pris nos péchés sur lui... » L'évêque de Milan prouva aussi que saint Paul avait nettement attribué au Sauveur une nature humaine complète dans les Epîtres pastorales, et que sa doctrine sur ce point ne pouvait être obscurcie par le texte de VEpîtj^e aux Philippiens ^.
Saint Athanase ne se préoccupa pas d'opposer aux apollinaristes les autorités scripturaires qui prouvaient la présence d'une âme raisonnable dans le Christ. De bonne heure cette lacune fut comblée. En même temps qu'on enleva aux adversaires les appuis qu'ils prétendaient trouver dans l'Écriture, on leur opposa les oracles divins. Et nous connaissons déjà deux des textes dans lesquels on crut trouver la condamnation de lapollinarisme. Quand saint Épiphane, saint Ambroise et Théodoret, voient dans le célèbre texte de saint Luc la preuve évidente du progrès auquel était soumise la science de Jésus enfant, le but qu'ils poursuivent est précisément de confondre
\. Ad Epictet. p. 1064.