INTRODUCTION
Pour qu'aucun doute ne planât sur la provenance de ce recueil, après chaque citation on consulta les archives de Gonstantinople, et Ton confronta le texte romain avec le texte oriental : l'opération, renouvelée quarante fois, tourna toujours à l'honneur des légats. Quand saint Léon envoya au concile de Ghalcédoine sa Lettre à Flavien, il y ajouta de nombreux extraits des Pères. Ces extraits, tous favorables au dogme des deux natures, avaient déjà eux-mêmes, au moins en grande partie, été recueillis par Théodoret, et le pape n'avait guère eu qu'à faire un choix dans la liste dressée par l'auteur des Dialogues. Un travail analogue, mais dirigé contre d'autres ennemis, fut exécuté par saint Cyrille et saint Augustin. Ces deux docteurs, eux aussi, opposèrent la Tradition aux hérétiques de leur temps, je veux dire à Nestorius et aux disciples de Pelage. A peine l'arianisme venait-il de naître, que l'évêque Alexandre s'efforçait de l'écraser sous une montagne de citations scripturaires. Et, sans nous arrêter ici à relever les textes que saint Justin, saint Irénée, Tertullien rassemblèrent pour combattre les juifs, les gnostiques, les païens ou les modalistes, n'est-ce pas saint Paul qui a écrit :« Je vous ai enseigné ce qu on ma enseigné à moi-même, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures., qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures w? Les Apôtres, nous l'apprenons par la Première épitre aux Corinthiens^ eurent recours à l'Ecriture pour justifier la mort du Sauveur et prouver sa résurrection.
Cette rapide esquisse nous montre qu'à aucune époque la théologie chrétienne ne s'est désintéressée, soit de l'Écriture soit de la Tradition; que toujours, au contraire, elle a étér préoccupée de relier ses enseignements aux sour-