‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 10 sur 293 · Cf. Voltaire, La défense de mon oncle, XIV · texte numérisé non relu

Cf. Voltaire, La défense de mon oncle, XIV

4. Bayle, Commentaire philos,, m Œuv. div., La Hayo, 1737, t. ii,

.">. Locke, op. cit., p. 188.

l'antiqlité et le christianisme 21

la religion des Hébreux, cette théocratie se singularisa tout particulièrement par l'indépendance qu'elle laissa aux « nabis » ou prophètes,à ces initiateurs religieux dont l'influence l'emporta bientôt sur celle des simples prêtres. Au début, ils se contentèrent d'accaparer autant que possible à leur profit la théocratie israélite. Mais, vers le VHP siècle, sous l'influence d'une nouvelle école prophétique, se dessina un mouvement qui devait modifier profondément le sens de la religion d'Israël. C'est pour ainsi dire un nouveau « moment» dans le développement de « l'idée do Yahveh ». Les anciens prophètes, habitués à la notion d'un dieu national, admettaient fort bien que les peuples voisins eussent chacun leur •dieu; ils refusaient seulement aux Hébreux le droit de sacrifier à ces dieux étrangers *. Bientôt, sous l'inspiration originale d'Isale et de Jérémie, le monothéisme israélite, de ^ nationaliste », devint, si l'on peut dire, « impérialiste »; les nouveaux prophètes affirmèrent que leur dieu était le dieu unique à qui tous les peuples devront se convertir. Cette transformation du culte national et politique en une religion universellement sociale réalisait évidemment une des con- <litions indispensables à l'avènement de l'intolérance proprement dite, mais il ne faut pas oublier que « cette notion de l'universalisme de Yahveh ne s'est dégagée qu'après de longs siècles du polythéisme et du particulaiisme religieux d'Israël » '*; et comme, d'autre part, les nouveaux prophètes opj>osaient déjà au culte traditionnel, cruel et méticuleux, -des principes religieux plus larges et plus humains, et fondaient en même temps le messianisme, ne semjble-t-il pas que l'idée d'une religion universelle,inconnue aux premiers âges d'Israël, appartienne beaucoup plus au christianisme qu'à la religion du peuple hébreu ?

En résumé, la théocratie juive,parfois absurde et souvent sanguinaire, ne manifesta jamais que de l'intolérance poli-

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