Jhid., p
Voici, en effet, quelles étaient les idées développées dans le Traité des hérétiques *. Dans la préface, adressée au duc de Wurtemberg, Cas tellion aborde immédiatement soii sujet. Il se désole de voir les fidèles disputer sur des subtilités, au lieu de chercher à assurer leur salut, au lieu de préparer cette « robbe blanche » ^ dont Christ veut les voir revêtus le jour de sa venue. « Ceste solicitude des hommes, dit-il, (laquelle va tout à rebours), comme elle est d'elle mesme vi- <îieuse, vient à engendrer d'autres plus grands maux. Car les hommesestansenflez de ceste science, ou plus tostde ceste fausse opinion de science, desprisent hautainement les autres, au pris d'eux, et s'ensuyt, tantost après, cest orgueil, cruauté et persécution ; en sorte que nul ne veut plus endurer l'autre, s'il est discordant en quelque chose avec luy, comme s'il n'y avait pas aujourd'hui quasi plus d'hommes que d'opinions ^. ♦Cependant, ces intolérants endurent bien les pécheurs de toute espèce parmi lesquels ils vivent *, et d'ailleurs leur cruauté est telle qu'ils deviennent « enragez et foreenez, s'ils voient quelqu'un de ceulx (ju'on fait mourir estre premièrement estranglé. et non pas rosti tout vif à petit feu » *. Or, non seulement de tels excès sont blâmables, mais il est inadmissible qu'on aille supplicier un homme, sous prétexte qu'il déclare, par exemple, que nul ne doit être baptisé avant l'âge du discernement * ; et Castellion ne craignait pas d'avancer, malgré les affirmations
1. Nous n'avons pu nous procurer que l'édition latine du De hceretin's : toutefois, pour ce qui est des passages cités par M. Buisson d*aprè8 l'édition franraiso, nous avonî» jugé préférable de les reproduire dans la langvie inême de Castcllion.
2. • Invenires de vestibus uJbin nihtl curoRse, aed inter sese de te tarUum 4isceptare. » (Ccbstellion s'adresse ici au Christ.) De hfrreticifiy p. 3.