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r cordieux \ et s'écrie : « Est-ce là, Jésus, ce que tu ordonnes et approuves ? Sont-ce tes vicaires, ceux qui t'offrent de tels sacrifices ? Convié à cette curée, y viendras-tu te repaître
de chair humaine ? O blasphèmes, ô criminelle audace
des hommes qui osent attribuer à Christ ce qu'ils font à l'instigation et sur l'ordre de Satan * ! *
Puis Castellion abordait une seconde question capitale, et dont l'examen amstituait tout l'ouvrage : comment fautil traiter les hérétiquee ? A celle-ci, Castellion ne répondait pas lui-même, et il se contentait de reproduire l'avis de personnages célèbres à des titres divers, depuis les Pères de TEglise jusqu'à Calvin, en passant par Erasme *. De là, il ne faut pas conclure que l'œuvre de Castellion fût oiseuse et trop semblable aux compilations théoloj^iques de l'éJDoque. S'il y avait en lui un érudit et un crovant, son esprit était cependant assez indépendant et son sens critique assez sûr pour qu'il ait su rendre intéressante cette œuvre de seconde main par le choix liabile et souvent profondément significatif de ses citations. Reproduites en cette circonstance, les opinions primitivesdeLutheretdeCalvin pouvaient être d'un ^rand poids dans le débat, puisqu'elles démontraient que les . partisans actuels de l'intolérance avaient fourni des armes contre eux-mêmes et mettaient leurs actes en contradiction avec leurs propres paroles. Iln'y apaslieu ici de résumer cette argumentation indirecte. Contentons-nous de faire remarquer que, par la confrontation et l'habile disposition des divers arguments, elle constituait pour ainsi dire une réponse méthodique à la question envisagée. D'ailleurs, un tel réquisitoire devait exercer une influence considtrable sur l'esprit des contemporains, d'autant plus que le livre se terminait
L Cf. ibid., p. 25.