Ibid., p
3. Castellion citait en particulier, et peut-être dans le but do sauvegarder da\*antage son anonymat, un possa^^e de la Préface à sa traduction de la Bible. (Cf. ibid., p. 1 18-24.)
LE XVr SIÈCLE 187
par une réponse de Basile Montfort (pseudonyme étymologiquedeSébastienCastellion) auxpartisansdes persécutions, dans laquelle l'argutnentation des fanatiques était battue en brèche à coups de texte^j bibliques ', ce qui, à cette époque, était des plus probants, et o i l'auteur concluait avec calme et simplicité : Exsurge, Domine, et jvdica rausam meam.
Est-ce à dire que le Traité sur /ew kérctiquc-^ de Castellion exerça une grande influence sur l'évolution des idées ? La réponse ne saurait être douteuse : il est très probable que cette influence fut restreinte, et ceci pour plusieurs raisons. D'abord, en tant que partisan avéré de la Réforme, Oastellion ne pouvait exercer une action réelle que sur ses coreligionnaires ; son livre, d'ailleurs, n'était pas écrit en faveur d'un catholique victime de l'intolérance protestante, mais bien à propos de Servet, antitrini taire et suspect d'athéisme, et qui aurait été brûlé en France si Grcnève ne s'en fût chargée. Chez les protestants, il est vrai, l'ouvrage fut beaucoup lu et commenté passionnément : la forme sérieuse et éloquente de ce plaidoyer, l'argumentation claire, logique et solidement étayée par des autorités peu suspectes et que nul croyant ne songeait à récuser, fit certainemont une impression considérable sur les esprits modérés en vSuisse et en Allemagne. Cependant, la campagne de ^ bellianisme ^, c'est-àdire de tolérantisme. qui persista pendant quelques années* et conduisit aux polémiques du XV^II^ siècle entre protestants libéraux et intolérants n'eut aucun résultat immédiat, sinon de nouvelles persécutions contre l'auteu^ du De hœreiicis. Malgré tout, Timpuls'on était donnée. La faiblesse de la réponse de Théodore de Bcze ', qui affirmait ne vouloir poursuivre que les apostats ouleshypocr*ite=î (ce qui était, soit dit en passant, la condamnation de l'arrêt pro-
L Cf. ibid., p. l. 38- 169.