Cf. F. Buisson, op. cit., p. 439 s-i
3. De hœretieis a civili magisiralu punlendia, adversuft Martini Relîii farraginem, et novorum academicorum aectam, «'liez Roberf Estieai^. 1.553.
nonce contre Servet), et s'embarrassait dans une incessante confusion entre le pouvoir spirituel et le temporel, montra d'ailleurs avec évidence quel pouvait être l'avenir des principes posés par Castellion. Bientôt, le Livre des blasmes, que Calvin, peut-être à tort, attribua à Castellion, vint à nouveau battre en brèche la dictature des intolérants ; puis, en 1 562, Castellion publia encore son Conseil à la France désolée * qui prouva combien sa tolérance était impartiale; enfin, il avait écrit aussi le Contra libellum Calvini, qui ne put être publié que plus tard par la minorité des réfugiés hollandais *. On peut donc bien considérer Sébastien Castellion comme le fondateur du protestantisme libéral.
Cependant, si Castellion, tout en restant d'ailleurs psychologiquement intolérant, conduisait bien, du moins, à défaut de liberté de conscience proprement dite, à la tolérance, c'est-à-dire à l'abolition des peines corporelles et de toute répression en matière de croyance, il n'y avait pas moins une lacune ou plutôt une erreur dans son système ; c'était de croire qu'un raisonnement irréfutable suffirait à fonder la tolérance, et d'attribuer à ses semblables une nature d'élite comme la sienne. Ce sont là les raisons pour quoi d'autres que lui exercèrent à cette époque une influence plus consirable, quoique moins directe, sur l'évolution du principe de tolérance.
Dans cette première moitié du XVP siècle, Castellion posa plus nettement que tout autre polémiste ou philosophe la question de la liberté de conscience. Mais il ne pouvait exercer une influence sensible que parmi ses coreligionnaires ; car, en pays catholique, l'opinion de cet hérétique devait sembler des plus suspectes, et. d'autre part, comme