‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 132 sur 293 · Rabeu\i9, Livre /^•% ch. LVIII, p · texte numérisé non relu

Rabeu\i9, Livre /^•% ch. LVIII, p

.3. Et c'est d'ailleurs pour ce motif que nous ne lui emprimtonfi aucune citation. |?1 1

4 Rabelais, Lrvrc F, cli. XI, p. 476.

LE XVi* SIÊ('LE 209

ce qui avait jamais été dit sur la cruauté et i'abc^urdité de la justice à cette époque ; et, d'autre part, il faut peut-être l'appliquer tout spécialement aux tribunaux ecclésiastiques car Rabelais dit encore : « Pillerie est leur divise, et par eulx faicte est trouvée bonne de tous humains, exceptez moy les hereticques '. ♦ Par tempérament, Rabelais détestait toute violence comme toute oppression ; il n'appliquait pas ouvertement ce principe à la question de Thérésie, mais il le développait à un point de vue beaucoup plus original et prophétique, à propos de colonisation : ♦ Notez donc icy, beuveurs, dit-il en eflFet, que la manière d'entretenir et retenir pays nouvellement conquestez n'est, comme ha esté l'opinion erronée de certains esperitz tyranniwiues a leur dam et 'deshonneur, les peuples pillant, forceant, angariant, ruinant mal vexant et régissant avec verges de fer ; brief , les peuples mangeant et dévorant, en la façon qu'Homère ap{)elle le roy inicque Demohoron, c'est-a-dire mangeur de peuple *. * Il semble même que cette apologie de la modération, si intéressante qu'elle soit pour les modernes sous cette forme très spéciale, devait, dans l'esprit de Rabelais, s'apphquer secrètement aux questions religieuses de répoque,et en particulier à l'emploi de la contrainte et des supplices dans la lutte contre l'hérésie.

La tolérance devait enfin apparaître à Rabelais comme un principe inviolable,parce qu'elle était impliquée ou, pour mieux dire, exigée par sa philosophie essentiellement épicurienne. Rabelais, en effet, était, à tous les points de vue. disciple d'Epicure. Il l'était d'abord, semble-t-il, pour la psychologie. L'js^Vin ziz -^TL'stcÂti n'était-il pas pour Gargantua, la jouissance fondamentale? Ici. la science du physiologiste (si ce n'est beaucoup dire pourleXVL siècle)avait pu contribuer à Téclosion de l'hypothèse philosophique Rabekis avait compris, ou tout au moins entrevu,la dép€«-

Page 1