Ihid., ch. XI, p
•2. BABEL4I8, Livre lll, ch. l'\ p. 199.
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dance étroite du moral à Tégard du physique. Souvent, d'ailleurs, il commente implicitement le mems sana in corpore aano, et déclare du moins plaisamment qu'une âme saine ne peut habiter in corpovp sicco. Quant à la métaphysique, Ral)elais n'en avait cure ; d'elle, il aurait pu dire ce qu'il disait des femmes : « Je ne m'en soucie. » Toutefois, si l'on jugeait cette affirmation trop catégorique, et que Ton voulût déterminer ce que pensait Rabelais de la nature de l'âme et de l'existence de Dieu,on ne pourrait guère citer que deux passages, assez équivoques d'ailleurs. L'un, le plus oonnu, se rapporterait à la question de la spiritualité de l'âme, et tirerait toute ^ valeur d'un mot plaisant et significatif, qui, selon Rabelais lui-même, n'était qu'une simple coquille typographique ; c'est ce passage où Panurge, invectivant « l'héréticque » Raminagrobis, s'écrie à deux reprises : « Son asne s'en va a trente mille charrettees de diables *. » Est-ce une raillerie adressée aux théoriciens de l'âme, une affirmation qu'il est sans importance d'être damné, car l'âme n'est rien ? N'est-ce pa» plutôt une satire de ces fanatiques pour qui juifs et hérétiques se plaçaient tout au plus au rang des bêtes ? L'hypothèse de la coquille semble, à vrai dire, assez vraisemblable, si l'on songe combien la grande majorité des hommes s'est toujours aisément et communément persuadée qu'elle était pourvue de ce principe vague, mais distinctif et honorifique, qu'on appelle une âme. Toutefois, la négation duspiritualismeserait particulièrement conforme À la doctrine générale de Rabelais, philosophe épicurien et savant médecin.
Le passage qui nous semble relatif à la personne divine est le dialogue entre Panurge et le théologien Hippothadée. Panurge demande tout d'abord s'il doit se marier, mais il s'informe aussi des chances qu'il peut avoir d'être malheureux en ménage. Sur ce dernier point, le théologien pense le rassurer par ces mots : « Nenny dea, mon amy, si Dieu plaist. »