Voltaire, Un Chrétien contre six Juifs, XXI
26 HISTOIRE DE LA TOLÊKANCE RELIQIËLSE
En premier lieu, « on ne doit jamais rappeler le crime des Athéniens contre Socrate sans rappeler lem* repentir > *. D'autre paxt, dans toute l'histoire grecque, il est le seul philosophe « dont il soit avéré que ses opinions lui coûtèrent la vie * S et encore son supplice fut-il « la plus douce des barbaries » "* ; ce ne fut pas la mort lente, les tortures et les supplices sans nom inventés par les « cannibales du douzième siècle » ^ : ce fut simplement la ciguë libératrice, qui ne {)ouvait effrayer ce philosophe septuagénaire.
Mais cette excuse serait bien insuffisante à démontrer la tolérance fondamentale du peuple grec ; ce qu'il faut se rappeler, ce sont les véritables raisons de la condamnation de Socrate.
Ce fut d'abord Tinsociabilité du philosophe. « Pourquoi donc, dit Voltaire, les épicuriens (qu'on peut regarder comme une société d'athées) ne furent-ils jamais persécutés et Socrate fut-il condamné à boire la ciguë ? Il faut absolument qu'il y ait une autre raison que celle du fanatisme pour condamner Socrate. Les épicuriens étaient les hommes du monde les plus sociables, et Socrate paraît avoir été le plus insociable. Il avoue lui-même dans sa défense qu'il allfidt de porte en porte, dans Athènes, prouver aux gens qu'ils étaient des sots. Il se fit tant d'ennemis qu'enfin ils vinrent à bout de le condamner à mort; après quoi on lui demanda bien pardon \ »
Mais, outre ce motif tout personnel, des raisons d'ordre plus géuéral devaient soulever contre Socrate la majorité du peuple athénien. On les trouvait exposées déjà sous une forme plaisante dans un petit « drame » intitulé SocrcUCy et < traduit de l'anglais de feu M. Tomson par feu M. Fatema,