Cf. VoLTAîRK. Histoire du Parlement, ch. XXIII et XXIV
avaient provoqué rexplosion. Dans toute la France, eux et leurs partisans cherchèrent à soulever les parlements contre l'édit de janvier ; ils réussirent à provoquer à Toulouse cette rixe où plus de trois mille personnes furent tuées, et en l'honneur de laquelle on institua la procession solennelle qui maintes fois suscita les protestations indignées de Voltaire. L'Hospital lui-même ne put s'opposer à ce mouvement de réaction fanatique, et d'ailleurs, il fut disgracié pendant la durée delà première guerre. Il se retira alors dans sa propriété du Vignay, regrettant d'être incompris et désolé de voir les deux partis faire appel à l'étranger. Il écrit au pape pour se disculper, mais celui-ci lui répond par une lettre froide et circonspecte *. N'importe, il s'illusionne toujours, et il envoie encore au cardinal de Lorraine quelques vers latins où il lui prêche la tolérance. « Il est absurde, lui dit-il, de se figurer que le fer et le plomb soient susceptibles de réconciUer les esprits divisés *. » Tandis que L'Hospital rêvait de tolérance, le baron des Adrets massacrait les catholiques en Provence et en Daùphiné, et Montluc, « le boucher royaliste », dévastait le Languedoc et la Guyenne ^.
Au moment où le duc de Guise allait triompher malgré l'opposition sourde de Catherine de Médicis, il fut assassiné par Poltrot de Méré : ce fut le premier de ces crimes fanatiques, moins graves certes que des massacres, mais qui peut-être excitaient encore de plus fortes haines. Trois mois auparavant, le 19 décembre 1562, Condé et Montmorency avaient été faits prisonniers l'un et l'autre à la bataille de Dreux. La reine mère, débarrassée de ceux qui l'inquiétaient le plus, rappela L'Hospital; mais elle ne le fit pas intervenir dans les négociations qu'elle entreprit avec les chefs protestants et d'où résulta la paix d'Amboise. L'édit accordé aux réformés était bien, en droit du moins, la reconnaissance de