J. SiMOX, op. cit., p
LE XVr SIÈCLE 223
raine l'emporta *. » Devant la coalition du parti ujtracatholique, le chancelier fut forcé de se retirer et les hostilités commencèrent.
L'Hospital, jusque dans sa retraite, ne désespérait pas encore ; il adressa au roi un mémoire sur la paix *, où il flétrissait .les excès des intolérants et représentait à quelle ruine cette guerre civile conduisait le royaume : « La longueur de la guerre, disait-il, ne peult remplir que de ravages et massacres cette pauvre France, la rendre farouche et sauvage, sans pitié, humanité, révérence ou respect aulcun^, accroistre, irriter et appesantir de plus en plus l'ire de Dieu sur ycelle... Les espritz et consciences des hommes ne peuvent estre ployez par le fer ni par la flamme, mais seulement par la raison qui domine les hommes. »£t il concluait : « Que le roy oubhe et quitte tous mal talenz envers ses subjectz, et ilz acquitteront eulx-mesmes pour l'honorer et servyr a jamais de tout leur pouvoir. * Mais l'hostilité grandissait contre les modérés, et, après le traité de Saint-Germain, en 1570, L'Hospital se vit dans l'obligation de démissionner. Il vieillissait, solitaire et désillusionné, dans sa retraite du Vignay, lorsqu'il apprit, avec horreur mais sans effroi, le massacre de la Saint- Barthélémy : on sait qu'il mourut de chagrin quelques mois plus tard, succombant au moment même où 1 excès du fanatisme allait provoquer une lutte définitive qui aboutirait à l'édit de Nantes, c'està-dire au triomphe momentané et d'ailleurs incomplet de ses théories.
L'Hospital fut, avec Castellion, le représentant au XVI« siècle de la véritable tolérance, celle qui n'est nullement basée sur l'indifférence en matière religieuse et coexiste avec