Voltaire. Histoire du Parlement, XX VII L
2. Discours sur la Pacification des trottHes de Van MDLX Vil oontenani les causes et raisons nécessaires du traité de la Paix, avec le moyen de reconcilier les deux fartions ensemble et les tenir en perpétuelle concorde. Composé par un grand personnage vray sujet et fidèle serviteur de la oou' ronne française, 1568.
une foi sincère. Ce fut aussi le premier politique tolérant dans l'histoire moderne, et c'est par là qu'il joua un rôie plus important à l'époque et exerça une influence plus considérable par la suite que l'adversaire de Calvin. Il est d'ailleurs, en France du moins, le seul homme d'Etat qui, avant les ministres philosophes du XVIIP siècle, ait osé .appliquer dans la politique pratique ses théories sur la liberté de conscience.
C'est L'Hospital qui,sur la nuit du 24 août 1572, a prononcé le jugement définitif : « Excidat illa dies œvo / » Une histoire de la tolérance n'en peut rien dire de plus : ce mot de Saint-Barthélémy suffit à réveiller les haines, car il résume, à lui seul, tout ce qu'il y eut en ce siècle de fanatisme aveugle et monstrueux. « Savez-vous, dit Jules Simon, ce qu'il y a de plus navrant dans les souvenirs de la Saint-Barthélémy ? Ce n'est ni la trahison, ni le massacre, ni les rues jonchées de cadavres, ni le roi tirant sur le peuple ; c'est ce peuple imbécile, criant au miracle et se croyant approuvé par le ciel parce qu'après ces trois jours de meurtres, l'aubépine du marché des Innocents se couvre de fleurs ; c'est la reine Catherine allant aux flambeaux faire la visite cle ses cadavres; c'est le Parlement de Paris adressant au roi ses actions de grâces, faisant porter à son audience, sur une claie, le cadavre de Coligny, et l'envoyant pendre avec des chaînes au gibet de Mon tfaucon, comme pour donner au parjure et à l'assassinat une consécration légale «. » Mais ce qu'il faut surtout rappeler, c'est le fait suivant: Charles IX, ayant voulu étendre les massacres aux provinces, et en particulier aux plus grandes villes, réussit bien à ajouter ainsi quinze ou vingt mille victimes aux quatre mille dont, selon Brantôme, il avait pu voir flotter les cadavres sur la Seine, mais aussi, en plusieurs pays, il ne put faire exécuter ses ordres, bien que les réfractaires fussent des chefs militaires ou civils peu suspects de favoriser le protestantisme par ailleurs. On