‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 147 sur 293 · Mémoirtê de la Ligue, t. vt, p · texte numérisé non relu

Mémoirtê de la Ligue, t. vt, p

Réconcilié avec les catholiques, Henri IV s'occupa de satisfaire les protestants. A cet effet, il promulgua , en IflpS, redit de Nantes. Il avait eu déjà à subir maintes fois les plaintes des réfoimés, bien que, dès son avènement, il eût tissure le maintien d'une liberté de conscience plus effective qu'elle ne l'avait jamais été jusqu'alors : dans cett^e période, les protestants avaient eu en effet toute liberté îe »éiinion, avant même qu'elle leur fut assurée officiellement '. Le roi avait remis en vigueur les édits les plus favorables de son prédécesseur ; il avait en outre autorisé le culte réformé aux environs de Paris, et s'était contenté de l'interdire dans huit cents villes et trois cents bailliages ou sénéchaunsies, comme il avait dii le promettre dans son traité avec la Ligue. Ces mesures avaient été confirmées et même développées par les deux édits de Nantes, en 1691 et 159H, et celui de Saint-Germain en 1597 ; celui-ci fut d'ailleurs le premier que le Parlement de Paris, et à sa suite les Parlements de province, aient consenti à enregistrer sur les instances pressantes du roi. D'autre part, les assemblées protestantes, qui^ chaque jour, prenaient un caractère plus net tement politique, commençaient à se demander si la Réforme n'avait pas droit à autre chose qu'à la tolérance. Par ces revendications, d'ailleurs lé^'itimes, Henri IV était nécesaniicmtnt oonduii à prendre des mesures qui, étant donnée l'intolérance persistante des esprits, ne pouvait être qu'un compromis imparfait et d'une valeur momentanée. C'est ainsi qu'abandonné par les principaux chefs protestants, il se décida enfin à promulguer Tédît de Nantes. Il y eut encore un long débat au Parlement lorsqu'il s'agit d'enregistrer cet édit. Le roi y vint en personne, et déclara énergiquement qu'il désirait une solution immédiate et favorable. Il dit, selon Voltaire : « Il s'agit maintenant de faire cesser tous faux bruits ; il ne faut plus faire de distinction de catholiques et de huguenots; il faut que tous soient bons Français, et que les catholiques

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