I. Cf. GuizoT, Histoire de France, t. m, p. 51S
convertissept les huguenots par l'exemple de leur bonne vie, mais il ne faut pas donner occasion aux mauvais bruits qui courent par tout le royaume : vous en êtes la cause pour n'a- ^ voir pas promptement vérifié Tédit '. * Enfin, sur les instances du président de Thou, le Parlement céda et l'édit fut mis en vigueur.
"^ Cependant, rien ne démontre mieux combien il restait de progrès à faire aux idées de tolérance que l'opposition acharnée du parti catholique à cette innovation, qui, bien loin d'être la proclamation de la véritable liberté de conscience, n'était à vrai dire qu'une amélioration à l'égard des seuls protestants des édits de tolérance qui leur avaient été précédemment accordés.
Par cet édit ', on reconnaissait pleine liberté pour le culte domestique et privé. Quant au culte public, il était autorisé dans les châteaux des seigneurs hauts justiciers (ils étaient trois mille cinq cents) et chez les autres gentilshommes pourvu qu'il n'y eût pas plus de trente assistants, puis dans deux villes ou bourgades (au lieu d'une) par bailliage ou sénéchaussée ; enfin, s'il restait interdit à Paris même, il était en revanche autorisé à Âblon, que l'on remplaça bientôt par Charenton, moins éloigné de la ville. De plus les chambres mixtes, {chambres de Védit) étaient maintenues, et l'on confirmait aux protestants l'admissibilité à tous les emplois publics. UEtat devait appointer de 165.000 livres par an les ministres et régents protestants dans les écoles ; enfin, on laissait aux réformés pour huit ans encore les villes fortes qu'on leur avait accordées, et pour lesquelles le roi devait supporter l'entretien des fortifications et la solde des garnisons. Mais ce qui était plus important, c'est qu'on leur reconnaissait le droit de se réunir en synodes sans autorisation préalable, e': en assemblées politiques avec l'approbation du roi.