Cf. VoLTAiRK, Histoire du Parlement, eh. XL
2. Cf. : GmzoT, Histoire de France, t. in, p. 528-30 : — J. Simon, op. cit.f p. 138.
Le parti catholique fut naturellement outré ; mais le roi maintint énergiquement sa décision, et peut-être crutil avoir trouvé la véritable et définitive solution de la question religieuse en France. Il ne garda pas longtemps cette illusion. Catholiques et protestants réclamaient également contre cette mesure, incomplète pour les uns,excessive pour les autres, et l'acharnement des deux partis montrait bien l'impossibilité de résoudre par une mesure juridique cette question de la tolérance, qui exigeait au préalable une éducation morale dont on avait à peine posé les bornes à cette époque.
Ij'assassinat du roi en fut la triste démonstration ; la mort d'Henri IV devait d'ailleurs détruire en grande partie l'efiFet de cet édit, dont l'appUcation était subordonnée à l'énergie favorable du pouvoir royal. Le protestantisme le comprit, et il accusa les chefs du parti catholique de complicité dans le crime de Ravaillac. Voltaire a fort bien répondu , lorsqu'il a dit en parlant de ce fanatique : « Cet homme n'avait d'autres complices que les sermons des prédicateurs et les discours des moines Ravaillac ne fut
que l'instrument aveugle de l'esprit du temps, qui n'était pas moins aveugle '. »
Ainsi, Henri IV et ses cf^nseillers, en rédigeant l'édit de X:intes, n'avaient fait que constituer en une plus solide organisation politique le parti protestant. Ils n'avaient pu, À cette époque de fanatisme, assurer la véritable liberté de conscience ou du moins une tolérance durable à la religion ni, à plus forte raison, à la pensée indépendante.
Comme apôtre de la tolérance, L'Hospital domine évidemment la fin du XVI*^ siècle, bien que sa tentative personnelle ait échoué. Mais on vit encore, en ces cinquante an-