Jbid., Disc. I
facilité consciencieuse de Monsieur de la Noue, en une telle injustice de parts armées (vraye eschole de trahison, d'inhumanité et de brigandage) ».
A côté de L'Hospital et de La Noue, il faut placer les auteurs de IskScUire Ménippée, dont l'influence fut moins directe sur l'évolution des idées de tolérance et le rôle moins actif, mais qui cependant ne furent pas de purs théoriciens, puisqu'ils combattirent le fanatisme toujours menaçant. A vrai dire, le pamphlet survint à l'heure de l'apaisement ; mais il en était la justification utile, et l'indispensable complément littéraire. Les auteurs de la Ménippée ne sont nullement des hérétiques ; ce sont des indépendants et, pour plus de précision, des gallicans : l'un d'eux, Pierre Pithou, n'était-il pas, en effet, l'auteur d'un ouvrage bien connu sur les Libertés de r Eglise gallicane? A chaque page de la ScUire reviennent des prostestations indignées contre ces catholiques intolérants qui introduisent en France les armées étrangères, et appellent en ce pays avide de liberté les pires suppôts du despotisme ecclésiastique. « O Paris, qui n'est plus Paris, s'écrie d'Aubray mais une spelunque de bestes farouches, une citadelle d'Espagnols, Wallons et Napolitains, un asyle et seure retraite de voleurs, meurtriers, assassinateurs, ne veux-tu jamais te ressentir de la dignité et te souvenir qui tu as esté, au prix de ce que tu es ? Ne veux-tu jamais te guérir de ceste frénésie, qui, pour un légitime et gracieux roy, t'a engendré cinquante roytelets et cinquante Tyrans ? Te voilà aux fers, te voilà en l'Inquisition d'Espagne, plus intolérable mille fois et plus dure à supporter aux esprits nez libres et francs, comme son' les François, que les plus cruelles morts dont les Espagnols se sçauroient adviser. i>
Ce fut un tolérant aussi,que l'excellent historien de Thou, qui malheureusement écrivit en latin, et, par là, donna une m indre portée à son récit impar::;al et souvent indigné que 1 3 Saint-Siège eut le trist? curage de mettre à l'index.