‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 16 sur 293 · Ibid., act. I<?', ac. VII · texte numérisé non relu

Ibid., act. I<?', ac. VII

Voltaire a dit ailleurs que Socrate fut « moins victime de ses opinions que celle d'un parti violent élevé contre lui » *, et l'a comparé, non sans quelque raison, à Arnaud, victime des Jésuites*. La critique moderne a justifié ses assertions; on a su comment, depuis trente ans, et sous l'influence des attaques d'Aristophane, un parti hostile à Socrate s'était constitué à Athènes.Puis le philosophe, critique indépendant de la démocratie, rendu plus impopulaire encore par l'amitié d'Alcibiade, s'était trouvé lié pour ainsi dire au sort des Trente tyrans, dont run,Critias,avait été son disciple. N'e^tce pas d'ailleurs ce Critias dont Sextus Empiricus rapporte qu'il regardait les dieux comme une invention des législateurs et comme destinés, dans la pensée de ceux-ci, à prévenir les délits cachés •* ? Bien plus, ce rationalisme hardi ne se contentait pas de nier: en effet, il y avait déjà, outre l'idée morale, un germe de monothéisme dans la doctrine de Socrate ; or les Athéniens, tel Louis XIV, eussent préféré un athée à un novateur religieux. Cependant, les accusateurs^ de Socrate « se seraient tus s'il ne s'était agi que de la foi » *. En réaUté, Socrate fut victime de la réaction démocratique, et par suite religieuse, qui suivit la chute des Trente tyrans, mais plus particulièrement encore des rancunes d'Anytos, un des chefs de la révolution ', et de la haine des prêtres, dont sa doctrine, plus que le simple scepticisme, menaçait la situation. Il fut victime, enfin, du caractère national, de ces Athéniens à propos desquels Jules Simon a dit* « Libéraux et intolérants, superstitieux et incrédules, indifférents et cruels, voilà Athènes, voilà les juges de Socrate ''. »

Si nous nous sommes arrêtés si longuement à cette ques-

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