J. SixMON. La liberté de conscience, ô'" ôc\., p
."). Oroiset, Histoire de la littérature grecque, t. iv. p. 232-33. C. J. Simon. Hid., p. 21.
l'antiquité et le christianisme 2^
tion de la mort de Socrate, c'est qu'elle réaume tout ce que Ton a pu dire pour prouver que les Grecs étaient intolérants. Mais qu'importe, en somme, que Socrate ait été légalement condamné ou non ' , qu'importe que la démocratie athénienne ait eu quelques lois tyranniques ? Il n'en reste pas moins vrai qu'il ne pouvait y avoir d'intolérance en Grèce, puisque là, pas plus qu'en Orient, la conscience religieuse n'avait fleuri sur la superstition ; c'est seulement chez les derniers stoïciens, chez Epictète et Marc-Aurèle, que se manifesta véritablement le sentiment religieux. Mais nous serons alors à Rome, et déjà paraîtra l'intolérance.
C'étaient des Hellènes, ces philosophes alexandrins dont la doctrine « contenait un principe qui eût épargné bien des crimes à l'humanité, s'il eût prévalu», le principe de la liberté de conscience, et qui protestaient contre l'intolérance naissante du christianisme ^ Ce fut encore en Grèce que, plus tard, il fut permis à Lucien de railler aussi bien les divinités nationales que le dieu des chrétiens \sans que son scepticisme lui ait attiré ni haines ni dommages ; Voltaire, dans un dialogue entre Erasme,Rabelais et Lucien, lui a fait répondre» et non sans raison, au récit de ses deux successeurs sur l'intolérance de leur temps : « Tout ce que vous me dites me confirme dans l'opinion qu'il valait mieux vivre dans mon siècle que dans le vôtre *. »
Certes, si l'apôtre Paul a pu dire : « Athéniens, je me suis, aperçu que vous êtes à tous égards bien dévots, car, ayant vu en passant les objets de votre culte, j'ai trouvé même un autel sur lequel il est écrit : « A un dieu inconnu » ', il n'en faudrait pas conclure avec Voltaire que la Grèce
1. Cf. V, Cousix, Trad, des Œuvres de Platon, t. r^, argument do I' * Apologie ».
2. Det^is, Histoire des idées morales dans Vantiquité, PHris, 1856^
3. Cf. Martha, Les moralistes sous l'empire romain, 2^ ériition, 1880^ p. 342 3 <t 362.