J. SiMOX, op. cit., p
mariages n'y étaient pas reconnus ; de même, pendant les guerres, le Palatinat dut changer quatre fois de religion en soixante ans, mais les circonstances d'ordre politique dimi* nuaient beaucoup l'importance de ce fait *. D'ailleurs, ce n'étaient pas les réformés qui avaient donné les premiers exemples d'intolérance, et l'on pouvait considérer leur conduite, à l'égard des catholiques du moins, comme de simples représailles. En France, au contraire, il s'agissait d'une véritable persécution, et, lorsque celle-ci se ralentit, et cessa momentanément sous les règnes d'Henri IV et de Louis XIII, le clergé se crut lésé dans ses droits les plus respectables et poussa les hauts cris. « Il semble toujours qu'on soit opprimé, dit Marillier, si l'on ne peut point, en toute Uberté, persécuter ceux qui ne croient point comme vous croyez *. » Quant au peuple, dans toutes les sectes, il restait intolérant, car la ferveur relij^ieuse, spontanée ou non, s'ajoutant aux superstitions giossières, ne lui permettait pas la modération; il était logiquement fanatique : c'était lui qui trouvait trop douce la législation contre le blasphème et le sacrilège, et ce furent les députés du tiers état qui, en 1614, sollicitèrent le rétablissement des lois sanguinaires de saint Louis. Ce peuple, en effet, n'avait pas été suffisamment entamé par le scepticisme,qui seul pouvait le conduire à la tolérance'. A l'époque de la Fronde, et. même dans les dernières années de Louis XIII, à ce moment où, après les crises de fanatisme du début du siècle et avant les persécutions organisées par Louis XIV, il semble qu'un mouvement se dessinait, conforme à la politique de Richelieu et favorable au maintien de la liberté de conscience proprement dite, à ce moment où, selon la remarque de Perrens, « les libertins jouent, sur la scène du monde, un rôle plus important que