Mari LU ER, op. cit., p
3. « Ce n*e8t point par la politique que la foule peut arriver à la toléranoo, c'est par le BcepticiBine, et elle en ^tait alors à cent lieues. » (Peb- KKS% op cit., p 99.)
leurs adversaires et eux-mêmes ne l'imagineiit », le peuple reste non moins acharné et fanatique qu'il l'était au siècle précédent. Il semble au contraire qu'à cette époqueja plupart des gens instruits soient d'accord pour approuver la méthode du cardinal, qui séparait la question politique de la question religieuse, et, à ce dernier point de vue, ne se permettait que de légères atténuations à l'édit de Nantes. Corneille, il est vrai, se lamentant sur l'intolérance des empereurs romains *, mais trouvant juste et naturel que son Polyeucte aille briser les statues des divinités païennes, annonçait déjà l'âge suivant, ce qu'on appellera « le grand siècle ». Mais le froid Balzac lui-même, tout en déclarant qu'au point de vue politique, les changements de reUgion étaient dange-
mm
reux '\ ne craignait pas d'écrire, d'autre part, à l'archevêque de Toulouse, combien l'intolérance lui semblait incompatible avec l'esprit de justice et de charité dont se réclame le christianisme. «Une telle pratique (la persécution), disait-il, seroit éloignée de l'ancien christianisme et du siècle des martyrs ; et je ne puis comprendre, et il ne peut être, que les pasteurs et les chrétiens deviennent bouchers de leurs troupeaux, et que l'Eglise, qui jusquesici a souffert, commence maintenant à persécuter. Cette Eglise, Monseignem*, comme vous et Messieurs vos confrères nous enseignez, n'est pas une marâtre superbe et ennemie des enfants de son Epoux. C'est une mère passionnée des siens et désireuse d'adopter tous les étrangers J'ai ouï parler de la doucem* et du gémissement de la colombe, mais non pas de sa cruauté ni de son rugissement, et ce seroit faire un monstre que de lui faire venir des griffes et lui apprendre à aimer le sang. Ce seroit. Monseigneur, effaroucher l'amour même et le rendre capable de haine. Ce seroit imiter les premiers païens qui donnèrent à leurs dieux les passions et toutes les infirmités de l'homme. » Il estimait <f que les cvêques sont ministres de