‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 163 sur 293 · f . Lettre à Chapelain, du 3(» janviVr 103S · texte numérisé non relu

f . Lettre à Chapelain, du 3(» janviVr 103S

LE XVir SIÈCLE 263

miséricorde et non pas ministres de justice ». Et l'on trouvait déjà chez lui une critique vigoureuse des convertisseurs : « La persuasion de bien faire, dit-il, les rend plus hardis à faire du mal. Ils appellent zèle leur colère, et quand ils tuent, ils pensent sacrifier. ^ Enfin, il faisait une allusion plus directe encore aux affaires du moment, lorsqu'il s'écriait avec une visible satisfaction :« La Ligue est morte et l'Espagne bien malade. Nos oracles ne sont plus inspirés par une divinité étrangère '. »

L'exemple de Balzac est d'autant plus significatif, qu'il ne s'agit nuUement d'un Ubertin. Il y avait, il est vrai, même parmi les esprits forts, des divergences sur la question de la liberté de conscience. Gabriel Naudé, par exemple, dont le bourgeois bigot et retardataire Guy Patin disait : * Il avoit une grande pente naturelle à ne prendre aucun parti de religion, ayant l'esprit tout plein de considérations, réflexions et observations politiques sur la vie des princes et le gouvernement du monde * », Naudé lui-même écrivit une véritable apologie de la Saint-Barthélémy, envisagée au point de vue politique \ Cependant, à la même époque,LomsXIII, qu'on ne saurait vraiment considérer comme un libre penseur, réussit à défendre pendant plusieurs années le poète et libertin Théophile de Viau, qui, outre son impiété fort probable, avait parlé si irrévérencieusement des jésuites :

Cette grande et noire machine, Dont lo 8oui)le et le vaste corpa Etend ses bras jusqu*à la Cliine.

Tous les Garasses et autres furieux se déchaînèrent contre le poète ; le roi cependant lui continua sa pension. Mais,

]. Lettre à Charles de MorUchal, archevêque de TouiouaOp du 25 janvier 1636,

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