Lettre à M. Spon, 12 octobre
3. Dans ses ConsidércUionê politiques sur les coups d'EtcU, qui parurent à Rome en 1 639.
finalement, « la clameur du clergé, de la magistrature, de la populace triompha de ces velléités intelligentes et généreuses. Le 19 août 1623, un arrêt du Parlement condamnait par contumace Théophile de Viau à être brûlé vif » *. Le poète fugitif mourut de maladie, tandis que le roi commuait sa peine. Il devait être, par la suite, mis à mort une seconde fois par la critique de Boileau, non moins agressive, mais plus équitable peut-être que le fanatisme des orthodoxes religieux. Cette lutte entre des tendances contradictoires, qui rend si complexe la question de la liberté de conscience au début du XVII® siècle, va se terminer, dans la période suivante, par le triomphe de l'intolérance.
L'histoire des affaires religieuses sous le règne de Louis XIV a été si souvent écrite, et à tant de points de vue dîflFérents, qu'il serait puéril de l'aborder à nouveau en restant sur un terrain exclusivement historique. Sous cet aspect, d'ailleurs, elle serait mieux à sa place dans une étude sur l'intolérance. Mais peut-être n'est- il pas inutile, pour se rendre compte des raison > profondes et de l'importance réelle de la réaction hostile à l'idée de tolérance, de rechercher dans ces événements ce qui peut transparaître de la psychologie du roi, de son entourage, du clergé et des persécutés eux-mêmes. Parmi ces demiers,nous mettrons à part les jansénistes : on ne saurait parler d'eux après Sainte-Beuve, car son étude définitive a épuisé le sujet ; quant aux protestants, c'est au moment où,réfugiés en Hollande,ils seront à l'abri des persécutions, qu'il sera beaucoup plus intéressant d'examiner leurs tendances. Nous ne nous occuperons donc pour le moment que du parti catholique et de ses idées.
La querelle entre Rome et l'Eglise gallicane ne nous intéresserait nullement, si elle ne nous démontrait que, sous