Ibid., p
3. Pour toutes ces pièces officielles, cf. Nouveau recueil des Edits ei Déclarations, Arrêts et RcglemerUs du Conseil rendus au sujet des gens de la R. P. R., Grenoble, 1752.
contre « ceux de la R. P. R. *, comme on disait alors, leur inte dire peu à peu toute réunion, les chasser des professions libérales et favoriser les conversions par les menaces et la contrainte. On commença par décider que les obsèques des réformés ne pourraient avoir lieu qn'à'la pointe du jour ou après le coucher du soleil, et que dix personnes au plus pourraient y assister ^ Puis, après avoir fait démolir un grand nombre de temples, on défendit aux ministres de desservir une autre paroisse que la leur ou de réunir chez eux des fidèles *. L'année suivante, on interdit Taccès des tribunaux aux avocats protestants, et, en cette occurrence comme au moment de la Révocation,les rivalités professionnelles intervinrent peut-être. Enfin, on permit aux enfants des réformés de se convertir malgré leurs parents, dès l'âge de quatorze ans pour les garçons et de douze ans pour les filles ; et, peu après, on autorisa les prêtres catholiques à s'introduire chez les mourants pour tenter, pendant leur agonie, de leur arracher ime conversion''. Encore les fanatiques jugèrent-ils ces persécutions insuffisantes : le roi n'avait-il pas promis, dans le serment du sacre, d'exterminer les hérétiques ? Maltraiter les protestants semblait donc banal ; c'était même grâce à un subterfuge que l'édit de Nantes les avait couverts sous Louis XIII ; il avait fallu qu'on interdît, par ordonnance royale, d'appliquer aux réformés la qualification d'hérétiques. Les rigueurs de Louis XTV à leur égard ne compensaient donc pas, dans une mesure assez large, la lutte qu'il soutenait contre Rome. « On regrettait l'époque où nos rois, en telle occurrence, raffermissaient la foi par un grand acte populaire, un sacrifice expiatoire, un exemple qui avertît les libertins, f^ On obtint plus qu'on n'espérait îles jésuites, outrés des railleries de Pascal et des succès du jansénisme, réussirent à faire brûler, en 166.3, le mystique Simon Morin*. Ce