‹ Histoire de la tolérance religieuse; évolution d'un principe socialChapitre 174 sur 293 · ihid., p. 250-1. Ta.^;.ar:a!3:^^n · texte numérisé non relu

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2. On lit on effet, à la pagjs VII de la préface, que ce livre fut éorit 4 par ceux qui avaient la principale part de la confiance du Roy, aur ce qui regardait les afïnitea de VEiiUae, et à la conduite du ii^rand dessein qui B*exécuteût id heureu«tement t.

ment, il avouait que les apôtres ont souvent châtié les hétérodoxes : si bien qu'en définitive il exposait une théorie assez conforme à celle du fanatisme catholique, et se contentait d'établir une gradation nécessairement arbitraire dans la répression de l'hérésie *. Il en résultait (et c'était une révélation des plus importantes) que la seule différence entre Jurieu et ses partisans et leurs adversaires résidait uniquement en ce fait, que la véritable religion était pour ceux-ci le catholicisme et pour ceux-là le protestantisme ; quant à la persécution, chacun des deux partis l'approuvait également, pourvu qu'elle ne s'exerçât pas à ses dépens. On s'en doutait, il est vrai ; cependant, il était regrettable pour l'idée reUgieuse que ses partisans eussent osé avouer cette faiblesse. Néanmoins, sur le moment, l'ouvrage de Jurieu ne souleva aucun orage ; il fournit seulement une justification toute trouvée aux persécuteurs du protestantisme.Les circonstances étaient trop difficiles pour qu'il fût loisible aux réformés d'examiner le livre et d'en envisager les conséquences possibles. Celles-ci étaient graves cependant, puisqu'en 1758, le fameux abbé de Caveyrac, la bête noire de Voltaire, écrivant son Apologie de Louis XIV, vint encore puiser dans Jurieu des arguments en faveur de Fintoléranoe. Toutefois, Jurieu devait bientôt rencontrer de nombreux contradicteurs. Dès 1684 parut le traité de la Tolérance des religions de Basnage de Beauval*, ouvrage écrit, il est vrai, au moment de la persécution, et qui était plutôt un plaidoyer en faveur des réformés qu'une étude méthodique et dé- sintéressée. C'était une protestation éloquente et diserte, dans laquelle on ne retrouvait qu'une argumentation banale, et dont le seul point un peu saillant était un éloge des querelles théologiques, une page ingénieuse sur l'utilité indirecte des hérésies, qui fait songer à l'épître de Boileau sur les ennemis utiles.

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