Cf. Frank Puaux, op. cit., p. 45- OO
?. Basnage de Beiauval, Tolérance des Rrliijî.ons, R^ttordain, 1684,
LE XVll* SIECLE
Cependant la Révocation survient et les protestations deviennent plus douloureuses, mais aussi plus violentes. Bayle, dont le frère avait été une victime des persécutions publie' en 1685 son vigoureux pamphlet : La France toute, catholique sous le règne de Louis le Grand ; il y dépeignait les fureurs des catholiques, leur intolérance odieuse, telle qu'elle se manifesta toujours à t ravers les âges. « La violence et la mauvaise foi, disait-il aux persécuteurs, sont les deux marques caractéristiques de votre Eglise*. * Il n'admettait pas que l'exil fût beaucoup plus doux que le massacre. «Après tout, dites-vous, ce nous est un grand avantage qu'on ait réduit tous les calvinistes sans aucune effusion de sang. Ne voas glorifiez pas trop de cela ; car, pour ne pa^ vous envoyer à Cicéron, à Tibère et à la fable d'Esope, comme tantôt, saohez qu'il y a des manières de tourmenter les geni qui ne font pas tant d'éclat que d'autres, et qui ne paraissent pas d'abord si odieuses, qui néanmoins sont aussi cruelles*. » Cette persécution lui paraissait, en somme, beaucoup plus grave que celles de l'empire païen ; il rappela't les invectives de TertuUien contre les empereurs, et en concluait que le christianisme, en persécutant les consciences, a mérité la haine des gens de bien, et que, du moins, l'Eglise romaine s'est perdue de réputation .
En 16S6, au moment où le pasteur Claude publiait sa eélèbre protestation : Les plaintes des protestants cruellement opprimés dans le royaume de France^ parut à Cantorbery le Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ ' Contrains-les d'entrer \ Cette nouvelle œuvre do Bayle, tant
1. Cf. BvYLE, La France toute catholique...., in Œuv. div ^ t. ii, p. 338 39.